| Les critiques de Kroeber (suite) 5 - Le déplacement de la haine du père sur un animal ne prouve pas que les fils aient fait de même. 6 - Si on suppose cependant l'existence de ce déplacement, y aurait-il encore assez de haine pour tuer le père et le crime effectué n'aurait-il pas mis fin au déplacement ? 7 - Même en supposant l'existence de sentiments de remords et la décision de ne plus tuer le père-substitut-totem, il est peu vraisemblable que cette résolution soit définitivement durable. 8 - Si des frères avaient permis à des étrangers .... de prendre possession des femmes auxquelles ils avaient renoncé ... quelle possibilité auraient eu les frères ... autre que de s'attacher individuellement à d'autres clans, ce qui aurait marqué la fin de la solidarité ... ? 9 - Il est loin d'être prouvé que l'exogamie et l'interdiction de la mise à mort du totem constituent les deux prescriptions tabous fondamentales du totémisme. 10 - Rien ne permet d'affirmer que ces deux tabous soient les plus anciens ... (cela est fondamental car..) à partir du moment où l'on considère que tous les autres tabous en dérivent par déplacement ou déformation, il faut envisager la nature et le déroulement de ce processus ... 11 - Une dernière objection, à savoir que la persistance au sein des sociétés et religions modernes de ce premier "grand évènement par lequel la civilisation a débuté" demeure un phénomène inexpliqué ... Toutes ces critiques sont différentes mais il nous semble que Kroeber commet le même travers que celui qu'il reproche à Freud, à savoir de traiter ces actes comme des évènements singuliers, historiques, démarquant inéluctablement un avant et un après. Nous avons rappelé un peu plus haut la précision de Freud écartant l'idée d'un évènement historique (des années.. répété..), précision à laquelle il faut maintenant ajouter une autre donnée. Cette histoire de la horde, Freud la considère à un niveau phylogénétique ; cela signifie, et nous sommes toujours étonnés que la plupart des commentateurs le négligent, que "cela" n'est pas arrivé à "quelqu'un" mais à une "espèce". Nous manquons cruellement de modèles et de concepts pour penser le phylogénétique. Et Freud encore plus que nous, lui qui, de façon curieuse, en était resté au néo-lamarckisme associé à la théorie de la récapitulation de Haeckel.[1] Notre nature de Sujet implique une grande difficulté psychique à représenter "ce quoi" de nos désirs relève de l'espèce à laquelle nous appartenons. Un "évènement" phylogénétique ne saurait avoir le même statut qu'un évènement historique. Et si nos découpages et nos catégorisations du réel étaient à réinventer ? Des passerelles à imaginer ? Qui sait si un jour la théorie de la récapitulation de Haeckel et la théorie de la fonction de programmation itérative des rêves de Michel Jouvet [2] ne viendront pas se rejoindre ? La lecture attentive des critiques de Kroeber fait apparaître que les liens de parenté sont déjà reconnus (père, frère, mère, sœur, clan), en cela d'ailleurs il ne fait que répéter la discordance de Freud. Pourquoi ? Si ce "mythe" est fondateur de la culture en tant notamment que celle-ci ordonne les règles d'alliance et de filiation, et donc nécessairement le registre symbolique sans lequel les acteurs et les liens de la parenté ne sauraient être reconnus, si donc le mythe en est fondateur, le système de parenté ne pourrait exister avant même d'être fondé. A notre sens, c'est par un abus de langage que les éthologistes, même ceux d'aujourd'hui, utilisent de tels termes. Abus de langage ou peut-être aussi pauvreté du lexique qui ne possède pas de termes pour désigner le frère, la sœur, le père ou la mère dans un autre registre que celui de la parenté symbolique. Le terme de pauvreté n'est d'ailleurs certainement pas adéquat car il s'agit moins d'un manque de ressources que de la nécessité de clôturer des termes qui, à cause des "liens de sang", tendraient à échapper au culturel pour "revenir" au naturel. On remarquera à contrario que les termes de mari ou d'épouse échappent à cette sorte de gravitation du naturel car leurs existences sont complètement subordonnées au culturel. Il n'en est pas de même pour tante, oncle ou cousin dont les natures oscillent entre liens de sang et liens d'alliance. La classification de Murdock est d'ailleurs là pour nous rappeler la part de relativité et de jeu (entendu comme espace de liberté) que les sociétés octroient à ces termes. Bernard Juillerat [3] dans une très intéressante réflexion met face à face l'atome de parenté minimal lévi-straussien et l'atome de parenté minimal freudien. Il montre que le premier, parce qu'il est d'abord un modèle d'échange matrimonial, est ouvert à la société alors que le second, focalisé sur les liens intra-familiaux et le développement du sujet, fermé sur trois protagonistes, n'est pas encore ouvert. Il le deviendra justement lorsque le sujet aura dépassé l'œdipe pour accéder à la sexualité. Cette réflexion rejoint complètement celle que nous avons quant à nous modestement amorcée dans le paragraphe précédent. Les deux points de vue ne peuvent être conciliables car l'un ou l'autre sont nécessairement avant ou après mais ils ne sauraient être simultanés puisque l'un et l'autre "s'exigent réciproquement" pour avoir du sens. On voit mal en effet comment la triangulation oedipienne justifierait son existence s'il n'existait pas parallèlement une ouverture de la famille vers la société et réciproquement, la société ne saurait posséder des systèmes symboliques s'il n'y avait pas des sujets possédant une configuration psychique en permettant l'accès. Si tel n'était pas le cas, il faudrait alors inventer un troisième état entre nature et culture, ce qui n'est pas sans poser de nouveaux problèmes mais après tout qui n'est pas impensable. L'histoire des sciences montre la création continue de disciplines émergeantes de la contiguïté de différents champs ; la biochimie, l'écologie ou la cybernétique en sont des exemples dont les conditions d'émergence ne sont pas identiques. Enfin, Kroeber reproche ensuite à Freud de multiplier des certitudes partielles et d'avoir organisé son développement selon une "rhétorique" qui ne peut qu'emporter l'adhésion du lecteur. C'est vrai que Freud est coutumier d'une exposition et d'un cheminement particuliers dans lesquels par exemple l'hypothèse n'est pas énoncée en introduction et, de façon générale, le lecteur la formule lui-même avant que Freud ne le fasse. Ceci dit, cette critique n'a que peu de valeur scientifique ; ce n'est pas parce que la publicité d'un produit est efficace que ce produit est critiquable. Critiques de Laplantine - 1973 Nous avons l'impression, peut-être est-ce une erreur, que la pensée de François Laplantine a quelque peu "bougé", aussi par respect préventif pour ses positions actuelles nous avons précisé dans le titre la date de publication de son L'ethnopsychiatrie dans lequel ces critiques sont développées. Le lecteur peu familier de cet auteur pourra se dire que ma réserve est singulière car après tout, cela est généralement vrai de la majorité des auteurs, mais il comprendra mieux quand il saura que Laplantine a aussi écrit un second L'ethnopsychiatrie quelque peu modifié et, pour ce qui nous intéresse ici, dans lequel les critiques ont disparu [4]. La première des critiques considère « La position défensive de Freud devant la place du personnage maternel dans la vie psychique et dans la culture ». Laplantine pense, et nous pensons qu'il a raison, que la mauvaise mère est négligée dans le développement freudien au profit du père dont la toute puissance est ambiguë car elle est à la fois menaçante (tel le chef de la horde) et protectrice contre la mère selon l'expression de Gérard Mendel citée par Laplantine. Nous savons la problématique que Freud a connue dans les relations au père, d'abord parce que lui-même l'aborde dans ce qu'il est convenu d'appeler son auto-analyse. En ce sens les effets du refoulement sont restés modérés alors que la part des relations à sa propre mère est quasiment passée sous silence. Il faudra attendre Mélanie Klein pour que la psychanalyse envisage cet in-analysé. Peut-être un rapprochement est-il à faire avec la conception de Lévi-Strauss. Bernard Juillerat, dans l'article cité plus haut, rappelle que le lien mère - enfant est aussi absent des relations retenues par cet immense ethnologue dans son travail sur la parenté. Il est vrai que cette question est déjà ancienne ; dans le fameux séminaire [5] sur l'identité, elle avait été évoquée après l'intervention de André Green. Claude Lévi-Strauss avait alors admis que c'est un problème qui m'a pas mal tracassé. Mais, si je ne l'ai pas fait intervenir, c'est que je n'avais pas besoin de cette hypothèse .. les sociétés normalisent le rapport mari et femme .. frère et sœur .. père et fils, mais ne normalisent pas .. le rapport entre la mère et ses enfants. Il est vrai que si l'on accepte les conditions initiales de la démarche de Lévi-Strauss, cette absence est compréhensible mais en même temps, en ayant "un regard éloigné", on ne peut s'empêcher de penser que cette occultation de la mère dans un atome minimal de parenté est bien singulière. On comprend bien que la mère existe "par défaut", que cela n'est effectivement pas le cas du père, mais pour autant ne devrait-on pas distinguer, même en anthropologie, entre la génitrice et la mère ? François Laplantine renvoie Freud à son propre destin mais peut-être faudrait-il aller encore plus loin et se demander si cette "négligence", sous cette forme, n'appartient pas aussi à la culture occidentale. Il est par exemple connu que les conceptions successives relatives à la procréation depuis Aristote ont toujours eu la tentation de négliger la mère dans la génération. Aristote lui-même pensait par exemple que la femelle fournit la matière dont l'embryon se nourrit alors que le mâle fournit le "mouvement" et "l'idée" responsables de la forme que prendra le fœtus [6] . La découverte d'animalcules par Antonie van Leeuwenboek (~1677), rendue possible par son invention du microscope, ne changera rien aux théories d'alors. Au contraire même, les partisans de l'embryon préformé penseront le "voir" dans les animalcules, c'est à dire dans la semence du père. Il y eut d'autres nuances mais globalement la mère restera pendant une vingtaine de siècles une simple mère porteuse. Nous aimerions un jour soutenir l'hypothèse que la toute puissance de la mère est une donnée fondamentale dans les représentations culturelles. Si nous avions le loisir de le faire nous irions jusqu'à soutenir que toutes les cultures, par des moyens divers et variés, s'efforcent de refouler cette puissance féminine perçue comme intolérable par les hommes. Il serait intéressant de revisiter Totem et tabou en assignant un autre statut à la mère de la horde. Liée à la précédente, la seconde critique concerne « L'inflation de l'image paternelle. Son surinvestissement psychoaffectif ». Laplantine, là aussi, considère que les résistances de Freud l'ont empêché de prendre conscience des fantasmes de castration du père que tout enfant posséderait. Cette dimension serait absente du mythe de la horde car Freud y interprète le parricide comme un acte de légitime défense devant la tyrannie paternelle. Sur cette question Laplantine dit aussi son désaccord avec le point de vue de Georges Devereux. Ce dernier, bien qu'opposé aux vues de Totem et tabou, pense que la violence paternelle précède et est inductrice de celle du fils. Il est vrai que si l'on s'en tient au mythe d'Œdipe, ce sont bien les parents qui "commencent" en organisant la mise à mort d'un nouveau-né. On pourrait s'arrêter là mais ce serait oublier que Laïos et Jocaste le font devant l'annonce d'un meurtre et d'un inceste et ainsi de suite... car chacun pourrait retrouver en amont, dans la lignée des Labdacides et jusqu'à l'enlèvement d'Europe, une faute (diaptôme) transmise de génération en génération. Ainsi ce qui prendrait sens n'est certainement pas tel ou tel commencement mais la filiation elle-même en tant qu'elle active un système de couples aux relations similaires et/ou opposées. Système si bien mis en évidence par Marie Balmary dans L'homme aux statues ou Freud et la faute cachée du père [7]. Dans le cas d'Œdipe dont le nom (Pieds enflés) même est son symptôme, la faute (diaptôme) antécédente serait celle de son père Laïos (violeur et assassin du fils de son père adoptif), faute provoquant la scission (diabole) et la malédiction. Œdipe, comme n'importe quel analysant, en accédant au sens, et donc au symbole, peut achever le cycle. Laplantine ne le dit pas mais si l'on considère cette critique et la précédente, peut-être serait-il intéressant de reconsidérer la dynamique de la coalition des "fils" et y intégrer la "mère" ? Après tout, la clinique de certaines psychoses n'a-t-elle pas mis en avant la part de la mère dans la reconnaissance du père ? « Le postulat évolutionniste de Freud » constitue la troisième critique. Celle-ci est fondée si l'on considère que les matériaux ethnologiques empruntés par Freud appartenaient à des ethnologues idéologiquement marqués par l'évolutionnisme. Cependant il n'est pas juste scientifiquement de mettre côte à côte Darwin et Morgan. Nous l'avons déjà mentionné dans d'autres pages, Darwin n'assimile pas l'évolution au progrès. Il aurait été plus judicieux pour les francophones de conserver le terme de transformisme mais malheureusement les usages et l'histoire en ont décidé autrement. Ceci n'est pas qu'une question d'étiquette car l'idée de progrès induit inéluctablement une échelle de valeurs. Il n'est pas évident, à moins de prendre le risque d'un jugement anachronique, que Freud connotait cette échelle éventuelle comme nous serions tentés de le faire aujourd'hui. Il ne dit jamais que le névrosé ou le psychotique sont des individus inférieurs. A l'opposé même de la psychiatrie et psychologie de son temps, Freud établit un continuum entre le normal et le pathologique et ne s'inscrit jamais dans les théories de la dégénérescence, lesquelles sous d'autres noms et d'autres cadres de référence persistent aujourd'hui. De toute manière, l'homme comme espèce culturelle n'est pas tombée du ciel ; il y a bien fallu une transformation quelconque pour que notre rameau phylogénétique se différencie de ses voisins. Par contre, il est vrai que les ethnologues du courant évolutionniste, mais aussi tous les intellectuels de l'époque, assimilaient l'évolution au progrès, progrès dont le dernier échelon était représenté par "la race blanche et la culture occidentale". Notre culpabilité post-coloniale nous voile aujourd'hui la complexité de ces questions. François Laplantine exprime sa quatrième critique, « Le postulat biologiste de Freud », en une seule phrase de quatre lignes. Une note, plus longue, renvoie au point de vue de Gérard Mendel [8] chez qui Laplantine voit une "solution très heureuse" à ce problème de la transmission, solution qui dispenserait des errances biologistes. Je crois que c'est aller un peu trop vite. Géza Róheim qui n'était pourtant pas d'accord avec les vues de Totem et tabou, a pourtant cherché un soubassement biologique. Il a pensé le trouver partiellement dans la théorie de la fœtalisation de Bolk, théorie reliée à la notion de néoténie (ouverture dans une nouvelle fenêtre). La transmission par les institutions culturelles de Mendel n'est guère contestable si l'on s'en tient "aux contenus", tant de l'inconscient que de la culture, mais elle ne rend pas réellement compte des conditions d'existence même du phénomène, problème que Mendel contourne en usant des termes d'âme collective, notion peut-être plus illusoire encore que celle des caractères acquis telle que formulée par Freud. Il n'est pas à écarter que d'imprévisibles évolutions des connaissances biologiques puissent troubler nos certitudes actuelles. Nous avons déjà signalé dans notre page sur la néoténie que les biologistes s'intéressant aux phénomènes d'hétérochronie sont très proches de réhabiliter l'idée de Haeckel selon laquelle l'ontogenèse répète la phylogenèse. Un article de Michèle Porte paru dans la revue Topique [9], intitulé Quelques concordances entre paléoanthropologie et psychanalyse, met face à face des idées et des notions freudiennes telles le développement du Moi, la formation du Surmoi, la période de latence, etc. et des travaux anthropologiques (et bio-mathématiques) récents pour conclure à des concordances troublantes qui, soit dit en passant, rejoignent étonnamment les conceptions de Géza Róheim et, est-ce un hasard, celles de Sándor Ferenczi développées dans son livre Thalassa [10]. Le paradoxe pourrait donc être que cette critique, tellement évidente pour Laplantine au moment où il l'exprimait, soit invalidée par les connaissances biologiques. « L'analyse freudienne de la culture s'effectue toujours par l'intermédiaire des catégories de la psychologie appliquée », cinquième et dernière critique, est de nature épistémologique. Laplantine dénonce l'erreur consistant "à appréhender la société en termes d'addition de psychismes individuels, à attribuer à l'individu une priorité chronologique sur la culture, à psychiatriser tout fait social, à procéder à sa traduction et à sa réduction psychopathologique." Cette critique est peut-être la plus forte car il paraît difficile aujourd'hui de devoir occulter les caractéristiques émergentes de la culture. Mais en même temps il serait absurde de penser des cultures sans hommes. Le problème est celui de l'interface et nous renvoyons le lecteur à notre page sur l'usage des représentations culturelles.(ouverture dans une nouvelle fenêtre) François Laplantine conclut ses critiques en rappelant que Lévi-Strauss pense que le "roman de Freud" fonctionne comme un rêve ou que Paul Ricœur a pu parler de "détecteur de sens". C'est là, semble-t-il, son propre point de vue, voir en Totem et tabou un opérateur logique. La théorie ontogénétique de Róheim Cette théorie, comme son nom l'indique, est critique à l'égard de la horde de Freud. Vous en trouverez un développement en cliquant ici. Pour faciliter la navigation dans le site, ce lien ouvrira le texte dans une nouvelle fenêtre. Il vous suffira donc de fermer cette dernière pour revenir à cette page si vous le souhaitez. Cela n'est toutefois pas obligatoire car toutes les pages du site contiennent des boutons permettant d'accéder à toute autre partie. remarques (provisoires) On aura pu constater que les critiques de Kroeber et celles Laplantine ne relèvent pas de niveaux d'appréhension identiques et pourtant ... Nous concevons que nous avons envisagé cette réflexion avec un préjugé favorable à Freud et il faut croire que cette disposition ait bien enracinée en nous puisqu'elle va à contre-courant non seulement des idées dominantes mais aussi des points de vue d'auteurs que par ailleurs nous tenons en sympathie comme Róheim, Lévi-Strauss ou Devereux. Il nous a toujours paru que toutes ces critiques avaient leurs intérêts, que certaines des justifications de Freud étaient caduques ou mal fondées, que la vision ontogénétique de Róheim était pertinente etc. mais que l'idée centrale de l'inventeur de la psychanalyse restait la plus probable et la plus ingénieuse à un niveau que nous qualifierons de méta-psychanalytique. La clinique, les dynamiques institutionnelles, l'histoire (de la révolution française aux dictatures contemporaines), le psychodrame, l'analyse des organisations (voir les travaux d'Enriquez), tout cela (et même les avatars des sociétés de psychanalyse) montre au quotidien l'importance continue et permanente du meurtre du père. Ceci est particulièrement évident lorsqu'il est question de pouvoir. Bien entendu tout cela se passe pour l'essentiel dans le registre symbolique, encore que de Louis XVI à Ceausescu il serait très nombreux à trouver cela bien réel, et les ressorts de la problématique oedipienne paraissent suffisants pour rendre compte de ces meurtres du père. Et pourtant ... la question reste entière si l'on considère les relations complexe d'œdipe et culture. En effet, à moins de faire de la psychanalyse une religion ou une mystique laïque, ce que certains ont fait et continuent de faire pour réduire les pulsions à une mécanique corticale, il est indispensable sur le plan épistémologique de donner un étayage à tout Ça. Mais pour ne rien oublier, souvenons nous aussi de cette anecdote d'Abram Kardiner : « Il considérait comme son privilège propre de pouvoir dire ce qu'il me dit un jour où je discutais sa théorie du parricide primitif : « Bah ! ne prenez pas tout ça au sérieux. c'est une chose que j'ai rêvée un dimanche de pluie. » [11]
 Voulez-vous être prévenu(e) de l'évolution de nos pages ? OUI |