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bogolan de Séga Diawara

Un regard et un sourire - Séga Diawara

Symboles bogolan - Sega Diawara

Association Géza Roheim22 04 1973


séga diawara nous a quittés ...

Création d'un bogolan - Séga DiawaraIl y a quelques années Sega avait souhaité que l’on se rencontre de temps à autre pour parler de sa vie. Son intention était claire : il voulait écrire quelque chose sur son destin qu’il jugeait remarquable. Remarquable, mais dans un sens très particulier : il estimait, comme un signe du ciel, d’avoir rencontré à chaque carrefour de la vie, des personnes extraordinaires. Il en avait gagné une confiance inébranlable aux autres et aux forces de la vie.

Ce récit, Sega ne l’imaginait pas vraiment de manière linéaire, chronologique. Il le voyait plutôt à la façon des bogolan avec ces traces laissées par l’argile, les teintures végétales et le soleil, traces devenant des signes et des symboles racontant une histoire. Influencé par le groupe Kasobané et plus particulièrement par sa formation avec le maître Sénou Fofana, Sega avait enrichi son savoir du bogolan appris à Djenné, sa ville natale, et s’était ouvert à la création artistique libre. C’est cela, m’avait-il dit, que veut dire Kasobané en bamanan.

Détail d'un motif de bogolan - Séga DiawaraPour nous, pour l’association Géza Róheim, Séga était d’abord un sourire qui traversait les consultations, une main sur l'épaule, quelqu’un auquel s’attachaient naturellement les jeunes maliens pour lesquels il traduisait les infortunes et les espoirs bambara et soninké. Il a eu quelquefois du mal à rester neutre lorsque des injustices touchaient l'un d'entre eux mais il savait aussi dissiper une douloureuse nostalgie en associant, comme au pays, le Foulbé Samba dans une relation à plaisanterie. Je vois encore, à cette occasion, l'un des patients, vouté, fixant le sol, se redresser, sourire et participer à ce jeu de paroles.

Malheureusement, ni lui ni moi - peut-être surtout moi - ne mesurions une sorte d’urgence à réaliser ce projet. Je crois, mais seulement dans l'après-coup, que Séga était plus lucide que je ne le pensais, ou plutôt que je ne l'impensais. Il aurait voulu cet écrit comme un éloge à l’intelligence et à la solidarité humaines, remèdes efficaces contre le malheur et la maladie. Séga ne voulait pas tant parler de lui que de toutes ces personnes qui l’ont soutenu, accueilli, réconforté, soigné et aimé. Il pensait que quelque chose comme la baraka ou une bonne étoile les avait placées intentionnellement sur son chemin. Beaucoup de ces personnes sont ici.

Notre tristesse est à la mesure du rayonnement de Séga. Je suis certain, et malgré toutes les apparences, que s’il était encore parmi nous, il nous dirait quelque raison de sourire à la vie.

P. Fermi - 19 février 2011

Bogolan de Séga Diawara

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Mosquée de Djenné
Mosquée et maisons

Djenné

ville natale de Séga
Maisons en banco de Djenné - Mali

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