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Mars
2011. Nous venons d'annoncer la cessation de notre
activité de consultation. Nous maintenons le
contenu de cette page pour laisser une trace d'une
expérience humaine et clinique de plus de 15 ans.
Pour en
savoir plus. |
Vos questions les plus fréquentes.
- Vos
consultations sont-elles gratuites ? - Pierre N.,
éducateur, Marmande
Oui,
nous sommes une association
sans but lucratif fonctionnant avec des subventions
publiques – Conseil général de la Gironde – Contrat
Urbain de Cohésion Sociale – Programme Local de
Citoyenneté (ville de Lormont) – et les revenus des
formations que nous dispensons. Bien sûr, nos
interventions dans le cadre de formations ou de
médiations avec des organismes indépendants sont quant
à elles payantes.
- Est-ce
que l'aspect collectif de vos consultations est gênant
pour les patients ? - Serge B., psychologue, Bordeaux
Il y a deux
éléments de réponse. Premièrement, le collectif ne
concerne que nous-mêmes. Chaque cas est traitée
individuellement. Si une personne vient accompagnée
(famille - médecin - travailleur social - infirmier -
psychologue etc.), il s'agit alors d'un choix entre ce
consultant et ses accompagnants. Deuxièmement, le fait
que nous soyons en groupe (thérapeute principal -
médiateurs culturels - co-thérapeutes) est un élément
fondamental du dispositif car d'une part, il répond
à certaines attentes culturelles - dans de nombreuses
sociétés la maladie ou l'infortune ne concernent pas une
seule personne - et, d'autre part le groupe constitue un
contenant, un espace intermédiaire (nous sommes
nous-mêmes pluriculturels), espace créant un espace
interculturel favorable à l'expression et à la prise en
compte des facteurs culturels.
- Je suis
étudiante et je fais un mémoire sur ..., pouvez-vous
m'envoyer de la documentation et de la bibliographie ? -
Emilie, étudiante, Marseille
C'est sympathique mais nous n'avons pas
les moyens matériels ni le temps disponible pour
répondre à cette sorte de demandes, lesquelles sont
quasiment quotidiennes. Rappelez-vous que nous sommes une
association de bénévoles. Cela dit, il serait étonnant
que vous ne trouviez pas des "pistes" soit dans
notre bibliographie
générale, soit dans les bibliographies,
références, notes propres à chacun des thèmes que nous
avons abordés. "Fouillez" bien à partir de la
page sommaire Ethnopsychanalyse
et n'oubliez pas d'utiliser aussi les moteurs de recherche
interne avec les mots clés de votre interrogation.
- Comment
fait-on pour devenir ethnopsychiatre ou ethnopsychanalyste
? Y a-t-il des études spécifiques ? - Julie A.,
étudiante, Paris
Dans
les deux cas, il ne s'agit pas de "métier" au
sens où l'on entend généralement ce mot.
Ethnopsychiatrie et ethnopsychanalyse n'existent pas
actuellement dans le sens de disciplines reconnues et
autonomes avec des contours précis mais l'on peut penser
que les divers Diplômes Universitaires proposés déjà
depuis plusieurs années - voir dans notre page Liens et
formations - constituent des compléments
nécessaires. Dans la plupart des cas concrets il s'agit
de personnes ayant une formation de psychologue ou de
psychiatre, ayant souvent suivi en parallèle des études
d'ethnologie mais dans tous les cas, ce sont des personnes
ayant une expérience psychanalytique personnelle.
Cela étant dit, il faut distinguer (bien
que la réalité soit plus complexe et moins évidente)
entre ethnopsychanalyse comme
pratique et théorie liée à
des consultations spécialisées (types Centre G.
Devereux, Marie Rose Moro à l'hôpital d'Avicenne
(Bobigny), nous-mêmes), ethnopsychanalyse
comme "étiquette"
d'une tendance ethnologique particulière (exemple, les
travaux de Pradelle de la Tour dont son célèbre ouvrage,
Ethnopsychanalyse en pays bamiléké), anthropologie psychanalytique (exemples les travaux de Bernard
Juillerat ou Patrice Bidou). Vous trouverez les
références de ces auteurs dans notre bibliographie
générale.
Dans
ces derniers cas, il s'agit avant tout d'ethnologues
classiques qui se sont tournés vers la psychanalyse comme
courant de pensée. Vous aurez remarqué que l'expérience
psychanalytique paraît nécessaire.
-
L'ethnopsychanalyse est-elle obligatoire pour tous les
malades d'origine étrangère ? - Chantal A., assistante
sociale, Agen
Pas du tout
!! Les personnes qui trouvent de la compréhension, de la
compétence, des réponses à leurs difficultés dans les
systèmes de soins ou sociaux classiques n'ont pas besoin
de nous. De plus, il existe des approches et des pratiques
interculturelles qui peuvent répondre à la plupart des
problèmes. Lisez cependant notre page Pourquoi cette
approche pour une réponse plus développée.
-
N'est-ce pas du racisme ou de la discrimination de ne pas
traiter les étrangers comme les français ? - Dr Yves R.,
psychiatre, Paris
Quelques
personnes le pensent, quelquefois même des spécialistes.
L'idéologie française régnante se targue en effet d'un
universalisme généreux et cela, grosso modo, depuis la
Révolution. Cet universalisme n'a pas empêché
l'esclavage, la colonisation, les guerres, les camps de
rapatriés, la xénophobie, les expulsions d'étrangers
dont souvent les parents avaient défendu la France.
L'exclusion sociale et économique de la plupart des
enfants de migrants continue. Dans tout cela, où sont
l'égalité et la fraternité ? Plus précisément :
beaucoup de "psy" critiquent ces approches, là
aussi souvent au nom d'un Sujet universel. Si
les représentations culturelles de leurs patients leurs
sont familières, si ils en connaissent les
langues ou bien si ils perçoivent
télépathiquement les pensées, si ils sont
sûrs de l'efficacité de leurs dispositifs d'accueil ou si
ils pensent que les migrants doivent perdre leurs
singularités en se fondant dans la masse ... alors, ils
ont raison !
Cela
dit, j'en connais qui travaillent dans des services dans
lesquels des patients ne parlant pas français n'ont pas
été entendus pendant plusieurs mois dans leurs langues
maternelles alors que les mêmes psy font des gargarismes
de Signifiants dans les séminaires et les colloques. Bien
sûr, ce n'est pas à vous que cela s'adresse ! ;-) Merci
de votre question qui permet d'exprimer des non-dits.
-
Pourquoi appeler cela ethnopsychanalyse ? N'est-ce pas
simplement de la psychanalyse adaptée ou récupérée ou
de la psychothérapie d'inspiration psychanalytique ? ou,
enfin vous comprenez... - Pierre S., sociologue, Lilles
Je ne sais
pas si j'entends tout de votre question mais en supposant
... Effectivement le nom nous pose quelques soucis. Vous
pouvez d'ailleurs en avoir un aperçu dans notre page Vers une définition ?.
Le fait est que nous nous
référons à l'œuvre de Georges Devereux, inventeur du
mot, et notamment à l'un de ses concepts-clés, le complémentarisme.
Le dispositif même de notre
consultation - groupe, médiateurs, usage des
représentations culturelles et référence à la théorie
psychanalytique - est fondé sur l'application de ce
principe. Depuis sa création la psychanalyse est au moins
trois "choses" : une méthode thérapeutique (la
cure), une théorie psychologique, une méthode
d'investigation. Nous ne prétendons pas proposer une cure
aménagée ; nous pensons seulement que le passage dans
notre consultation permettra au patient (et à ceux qui le
suivent déjà) de trouver quelques repères, de mettre
"en travail" quelque chose qui pourra
éventuellement être poursuivie ailleurs et, sans tomber
dans le pathos, d'être mieux accueilli dans le respect de
ses représentations culturelles, de sa langue, de la
spécificité de sa migration ou de son exil.
Bien
entendu la théorie psychanalytique n'est pas réservée
aux psychismes de ceux qui font une cure-type et en ce
sens, elle est présente dans nos têtes pour comprendre
et interpréter ce qui nous est dit. L'appellation
d'ethnopsychanalyse devrait donc s'entendre, à peu près,
ainsi, c'est à dire comme un lieu de passage
transitionnel entre ce qui relève de la singularité d'un
sujet et ce qui relève d'un monde culturel qu'il vient de
quitter (ou dont ses parents ne lui ont pas parlé), un
lieu de passage entre ses attentes et ce que proposent les
lieux de soins communs.
Vous êtes
sociologue, vous pouvez donc aussi mesurer l'importance du
mot dans sa visibilité sociale, non pas tant pour les
patients que pour les professionnels (assistantes sociales
- foyers d'hébergement - psychologues scolaires -
médecins - éducateurs etc.) qui nous les adressent ou
les accompagnent.
Qui était Géza Róheim ?
 Ethnologue et
psychanalyste, Géza Róheim
est né le 12 septembre 1891 à Budapest. Il est décédé
en 1953 à New-York laissant une œuvre située dans
l'articulation entre le psychisme et la culture
constituant ainsi une partie essentielle de
l'anthropologie psychanalytique. retour 
Pourquoi proposer une approche
spécifique ?
 Cliquez sur ou retrouvez plus tard ce lien.
Comment se passe une consultation ?
 La consultation est
assurée par une équipe pluridisciplinaire et
pluriculturelle composée de professionnels et de
médiateurs-interprètes spécialement formés à cette
pratique. Les consultants ont la possibilité de venir
seuls, en famille ou avec des personnes intervenant déjà
auprès d'eux (assistantes sociales - médecins -
éducateurs - infirmiers etc.). Les consultants peuvent
parler dans leur langue maternelle. retour
Qu'est-ce que la médiation
interculturelle ?
 Les difficultés de
la migration sont généralement liées à la rencontre
des représentations culturelles avec celles du pays
d'accueil comme la grossesse, la naissance, l'éducation,
la place des hommes et des femmes, le mariage, les
croyances, les funérailles etc. La médiation
interculturelle, c'est donner aux personnes la
possibilité de parler dans leur langue maternelle de ces
événements tels qu'ils sont vécus chez eux à
l'origine, ici ou dans d'autres cultures encore. retour
Existe-t-il des difficultés ou des
maladies spécifiques à la migration ?
 Le projet et la
trajectoire migratoires sont déterminantes. Les motifs
économiques, les guerres, les violences d'Etat,
l'immigration désirée n'impliquent pas les mêmes
difficultés mais la question du déracinement reste
centrale. La souffrance est universelle mais les façons
de l'exprimer sont variables. On n'est pas triste au Congo
comme en France et c'est autre chose encore que d'être un
africain triste en exil. Et surtout, on n'aborde pas la
maladie, l'infortune ou le malheur de la même manière en
Turquie, au Laos, au Maroc, au Sénégal etc.
 Acculturation. Ce terme désigne
l'ensemble des phénomènes et processus résultant des
contacts entre deux (ou plus) groupes culturels. Ces
contacts ne sont pas seulement le fait des migrations
humaines, ils peuvent être aussi produits par les moyens
de communication modernes. Contrairement à une opinion
commune, ce terme est neutre dans le champ scientifique.
Ces processus se définissent généralement à
l'intérieur de quatre catégories principales :
l'assimilation, l'intégration, l'isolation, la
marginalisation. - - retour
 Devereux
Georges. Anthropologue et Psychanalyste d'origine
hongroise (Lugoj, 1908 - Paris 1985). Fondateur de
l'ethnopsychiatrie. Il a appliqué le principe de
complémentarité issu de la physique (Niels Bohr) aux
sciences humaines. Par exemple un phénomène comme la
possession pourra être analysé psychologiquement et
sociologiquement. - retour
Voir aussi

 Ethnopsychanalyse - ethnopsychiatrie.
Selon que l'on se réfère au pôle psychiatrique, au
pôle anthropologique ou à une pratique issue de ces
travaux, l'ethnopsychiatrie peut être l'étude des
désordres psychiques en fonction des groupes culturels,
l'étude des manières dont les cultures se représentent
les maladies et les malheurs, une pratique de soins qui se
fonde sur les savoirs précédents et qui a élaboré une
méthodologie et des procédures spécifiques.
L'ethnopsychanalyse en propose aussi une théorisation
particulière. en savoir plus
 Freud
Sigmund. Médecin autrichien (Freiberg (Moravie) 1856
- Londres 1939). Fondateur de la psychanalyse qui est une
méthode thérapeutique des troubles psychiques, une
théorie du psychisme et de son fonctionnement, une
méthode d'analyse de certaines productions humaines
(rêves - mythes - religions - cultures - œuvres d'art
etc.). retour
 Représentation
culturelle. Nous nous représentons le monde, les
événements de la vie, la manière de vivre en société,
nos comportements quotidiens au travers de
représentations qui nous sont données (et souvent
imposées) par notre culture. Ces représentations nous
aident à donner du sens à notre vie, à assumer nos
désirs et nos craintes dans un éventail de normes, de
valeurs et de conduites conscientes et inconscientes. Ces
représentations sont vivantes et soumises aux changements
même si chaque culture en possède des organisations plus
ou moins stables.
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