30/05/11

 




Cessation de la consultation interculturelle

grille.gif (47 octets)Avant même d'expliquer les raisons et les conditions de cette cessation, je voudrais rendre un hommage appuyé aux 54 médiateurs - interprètes qui nous ont accompagnés jusqu'à aujourd'hui. Pour quelques-uns, ce fut le temps d'un passage, pour d'autres celui d'un stage, même si beaucoup d'entre eux ont continué de venir au-delà, et pour d'autres encore ce fut plus d'une dizaine d'années.
grille.gif (47 octets)Sans eux, cette aventure  humaine et clinique n'aurait jamais pu exister. Grâce à eux, plus d'un millier de personnes venues de tous les continents porteuses d'expériences douloureuses, quelquefois inhumaines, ont pu être écoutées, et nous l'espérons entendues, dans les langues de leurs histoires et de leurs sentiments.
grille.gif (47 octets)Sans eux, nous n'aurions pas pu prendre soin de toutes ces personnes égarées dans les migrations, blessées par les exils, les guerres ou les violences ordinaires de la discrimination et qui ont pu, à défaut d'être guéries, retrouver un peu de parole et de dignité.

grille.gif (47 octets)Les deux temps d'une fermeture

grille.gif (47 octets)Septembre 2010. Depuis plus de 15 ans, le Centre hospitalier de Cadillac, avec l’Unité de consultation interculturelle, assurait une mission de service public auprès des populations migrantes en difficultés psychologiques, et cela grâce à notre appui constant -- humain, logistique et financier --.
grille.gif (47 octets)L’association ne pouvait plus contribuer bénévolement au fonctionnement de l’Unité de consultation interculturelle et malgré nos demandes réitérées, le Centre hospitalier n'a pas souhaité s’engager sur l’ensemble des conditions jugées nécessaires pour la poursuite de cette consultation. Suite à ce constat, l’Association Géza Róheim a donc été contrainte de se désengager de son implication dans cette action.
grille.gif (47 octets)Dans un souci déontologique, les professionnels, les organismes et institutions qui nous adressaient des patients ont été prévenus de cette nouvelle disposition. Il en a été de même pour les patients, en prenant soin des situations cliniques.

grille.gif (47 octets)Décembre 2010. Pendant le dernier trimestre, la consultation a pu se maintenir mais dans un autre cadre grâce au soutien continu de la ville de Lormont. Il faut particulièrement remercier M. Jean Touzeau, maire, M. Alain Chauvet, chef de projet Politique de la  ville et M. Jacques Pavot (CCAS) qui nous a permis de disposer des locaux communaux.
grille.gif (47 octets)Cependant une convergence de facteurs rendait trop problématique la poursuite de ces actions en 2011. Lors d'une Assemblée générale tenue fin décembre, la décision a été prise de ne pas demander le renouvellement de l’ensemble des subventions, certaines d'entre elles devenant incertaines et trop restrictives. [note]
grille.gif (47 octets)Au nom de l’association, je tiens à remercier chaleureusement tous ceux qui au cours de ces années nous ont fait confiance et nous ont aidés à exercer ces actions destinées à des publics en difficultés.

grille.gif (47 octets)L'Association Géza Róheim va désormais poursuivre son existence avec d'autres objectifs. Nous pensons que notre expérience clinique interculturelle, dans ses aspects pratiques et théoriques, notre expérience de la médiation et de la traduction, notre expérience de la psychothérapie et de la vie de groupe, doivent pouvoir être transmises. Aussi, espérons-nous élaborer des programmes et des actions de formations pouvant bénéficier à tous ceux qui oeuvrent dans ces domaines. Il va de soi que nous poursuivrons nos réflexions et nos recherches. Nous continuerons de les exposer et de les faire connaître au plus grand nombre sur ce site web et par tout autre moyen de publications.grille.gif (47 octets) - Mars 2011 - Patrick Fermi

 « Les hôtes et les étrangers doivent occuper une place dans ton royaume. Fais-leur bon accueil et laisse aux étrangers leur langue et leurs usages, car il est bien faible et bien fragile le royaume qui emploie une seule longue et partout les mêmes coutumes. Ne manque jamais d'équité ni de bonté envers ceux qui sont venus se fixer ici. Traite les avec bienveillance, afin qu'ils se sentent mieux chez toi que dans n'importe quel autre pays »

Etienne 1er de Hongrie (959 - 1038) exhortation à son fils Imré

 

Nos archives actuelles ont encore des lacunes mais nous ne désespérons pas de compléter cette image.


grille.gif (47 octets)[note]
grille.gif (47 octets)Cette convergence de facteurs a entraîné une nouvelle configuration de nos disponibilités individuelles et collectives. En effet, les départs à la retraite, la fin de la convention avec le centre hospitalier de Cadillac, les situations personnelles et professionnelles des psychologues qui auraient pu poursuivre nos missions – entre ceux qui ont trouvé un poste, ceux qui sont à la recherche d’un emploi et ceux qui sont en situation précaire --, sont autant de facteurs qui ne nous permettent plus d’exercer un bénévolat dans des conditions décentes. Pour les mêmes raisons, nous avons considéré qu'il n'était pas juste d'engager les médiateurs - interprètes dans un cadre professionnel incertain et ne présentant pas les garanties que tout salarié est en droit d'attendre.

grille.gif (47 octets)Depuis une dizaine d'années, l'esprit des subventions d'état s'est inversé. A l'origine cet esprit favorisait des initiatives citoyennes créatives, suppléant souvent à des insuffisances et des absences de missions publiques. Il est bien sûr évident que l'utilisation de l'argent public doit être soumis à une supervision mais au fil des années, les conditions de ces subventions ont progressivement orienté ces initiatives dans des axes prioritaires aux marges de liberté de plus en plus étroites. Les associations sont ainsi devenues les outils d'une politique venue d'en-haut : vos actions doivent se faire de telle façon, elles doivent s'adresser à tel public, résidant à tel endroit, elles doivent avoir tels effets etc. Cette socio-politique du pré-découpage n'est pas propre au champ associatif car on voit bien tous les jours qu'elle concerne aussi l'ensemble des organismes et institutions publiques. Qui n'a pas rencontré, à l'école, à l'EDF, à l'hôpital, à la Poste etc., un de ces nouveaux cadres sans expérience venir expliquer comment il faut travailler. Les "moyennes et grosses associations" courbent le dos car leur pérennité en dépend et elles ont l'avantage de disposer de moyens logistiques et humains permettant de répondre aux innombrables sollicitations d'évaluations, de commissions, d'informations, de réunions, d'audits etc. Il faut savoir que les coûts de ces derniers sont très souvent démesurés. Certains d'entre eux peuvent représenter plusieurs années de nos subventions. Tout est dans la vitrine, le magasin est vide. Bref, ces sollicitations épuisent les disponibilités, les énergies et les passions qui animent le bénévolat et annihilent l'esprit de créativité dont l'avenir a tant besoin. - retour -

 

 

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© Association Géza Róheim - webmestre Fermi Patrick - lundi 30 mai 2011