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La notion de complémentarité

Potière mohave. Photographie de Georges Devereux


 

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La notion de complémentarité

 

Dans l'avertissement de Ethnopsychanalyse complémentariste, Devereux écrit : « Bien que des circonstances assez particulières, que je ne saurais aborder ici, aient produit chez moi une prise de conscience précoce (1924) des principaux problèmes analysés dans ce volume, je ne pus formuler l'idée générale de la solution qu'il convenait d'apporter à ces problèmes que six ans plus tard (1930)..[...]...Ce furent, en fin de compte, les soirées solitaires de mes dix-huit mois de travail sur le terrain parmi les Sedang (1933-1935) qui me permirent de situer mes vues dans le cadre de la méthode scientifique..[...]...Mais le parachèvement même de ma théorie et de ma méthode m'isola inévitablement des courants qui dominaient à l'époque les sciences de l'Homme. »[1]

Les préoccupations épistémologiques de Devereux sont remarquables eu égard à ce qui se pratiquait et se pratique encore habituellement dans les sciences humaines. Rien n'a guère changé depuis cette remarque de Jean Paul Sartre dans L'Imaginaire : « La faute de la plupart des psychologues est de négliger cette tâche préliminaire et de s'engager dans la voie de la recherche, de l'hypothèse, de l'expérimentation, de l'induction, sans avoir au préalable suffisamment défini l'objet sur lequel ils opèrent. » Ce n'est pas un reproche que l'on peut adresser à Devereux tant ces préoccupations sont constantes et éparses dans son œuvre. Elles culminent cependant plus particulièrement dans De l'angoisse à la méthode.[2] Pour situer ses vues dans le cadre de la méthode scientifique Devereux se réfèrera notamment à la notion de complémentarité du physicien danois Niels Bohr qui, lui-même l'a conçue dans le prolongement des travaux d'Heisenberg.

De la physique quantique aux sciences humaines

Un petit détour s'impose. Dans le cadre de la mécanique quantique, en 1927, le physicien allemand Werner Heisenberg formula le principe d'incertitude appelé parfois aussi principe d'indétermination. Ce principe déclare impossible de déterminer avec précision et simultanément la position et la vitesse d'une particule, un électron par exemple. Cette impossibilité n'a pas pour cause une incapacité intrinsèque à l'observateur. Même s'il est vrai qu'il existe un effet de l'observateur sur l'observé, cette impossibilité est la conséquence de la nature de l'objet observé. Ainsi en mécanique quantique, le principe de dualité onde-particule postule qu'un objet possède simultanément des propriétés ondulatoires et corpusculaires. C'est à cet endroit que des analogies avec les objets des sciences humaines ont été faites. Il n'est peut-être pas inutile de remarquer que beaucoup considèrent l'expression principe d'incertitude comme impropre car d'une part, il ne s'agit pas d'un principe mais d'une déduction du formalisme quantique et d'autre part, le terme d'incertitude ne renvoie pas à approximatif. Dans la théorie quantique en effet les valeurs ne sont pas déterminées comme dans un système classique mais sont distribuées statistiquement. Pour le dire autrement « Il est évident qu’une forme de causalité déterministe comme celle de la physique classique exclurait toute complémentarité: celle-ci ne peut apparaître que dans le cadre plus large d’une causalité statistique. »[3]

On trouvera un exposé clair de ces sujets dans un article de Michaël Ghil - scientifique de renom - intitulé Georges Devereux, de la physique quantique à l'ethnopsychiatrie complémentariste, publié dans la revue Le Coq-Héron, n°190, 2007. Il faut dire que Michaël Ghil est le neveu et le légataire testamentaire de Devereux. Article en ligne.

Le principe de complémentarité en est une généralisation que Bohr a même voulu appliquer à d'autres domaines que celui de la mécanique quantique [4].Ce fut par exemple le cas dans des réflexions sur la biologie. Ce principe est plus connu que celui de destruction (Abtötungsprinzip) auquel il est pourtant lié. Complémentaire renvoie en effet à exclusif, ce qui signifie que deux niveaux d'explication (A et B) s'excluent mutuellement. Plus encore, comme y insistent Bohr et Devereux, « ..toute étude trop poussée d'un phénomène..[...].. le détruit. ». Il le montre avec l'exemple de l'orgasme.

« 1) L'orgasme pleinement vécu produit un voilement de la conscience, ce qui rend l'auto-observation de l'orgasme imprécise.
« 2) Si, afin de mieux l'observer, on fait un effort pour empêcher ce voilement de la conscience, ce que l'on observera ne sera plus un vrai orgasme, vécu dans toute son ampleur, mais simplement un spasme physiologique qui aboutit à l'éjaculation ». (Not.1)

Dans cet exemple il est bien évident que la place de l'observateur est singulière mais ce qu'il démontre reste valable dans les cas d'observation les plus habituels. Au-delà des sciences humaines, la présence même de l'observateur dans un protocole expérimental est considérée comme une variable fondamentale. L'argument de De l'angoisse à la méthode commence ainsi : 

« Le point de départ de mon livre est l'une des propositions les plus fondamentales de Freud, modifiée à la lumière de la conception d'Einstein sur la source des données scientifiques. Freud a établi que le transfert est la donnée la plus fondamentale de la psychanalyse, considérée comme méthode d'investigation. A la lumière de l'idée d'Einstein selon laquelle nous ne pouvons observer que les évènements "survenus auprès de" l'observateur..[...].. j'ai fait un pas de plus sur la voie tracée par Freud. J'affirme que c'est le contre-transfert, plutôt que le transfert, qui constitue la donnée la plus cruciale de toute science du comportement.. ». [page 15]

Nous avons ici aussi une référence à un auteur et une conception provenant de la physique. Cela s'explique en partie par la, ou plutôt, les formations de Devereux mais aussi par son constant souci épistémologique. Il est cependant utile de savoir que dans les emprunts et les références  aux auteurs et aux  « sciences non-humaines », Devereux ne se soucie guère de leurs propres compatibilités. Ainsi la principe de complémentarité s'étaye en partie sur la conception de Bohr, la question du contre-transfert sur celle d'Einstein et pourtant ce dernier fut toujours critique vis à vis des principes de la théorie quantique.[5]

Le complémentarisme devereusien

Nous venons de voir que la présence même de l'observateur est fondamentale. Au-delà de cette présence, et en se référant au principe de complémentarité, il y a donc aussi sa position. Cette dernière peut être définie par exemple par les niveaux explicatifs dans lesquels il se situe ; par exemple s'il est psychologue ou sociologue, voire même éthologue ou tout autre point de vue autorisant l'observation d'un fait particulier. L'originalité de Devereux est de considérer que si toutes les hypothèses formulées par les différents observateurs sont vraies, il est nécessaire de distinguer pour chacune d'entre elles des motifs différents, à savoir des motifs qualifiés d'opérant et d'instrumental. Ne pas le faire impliquerait non seulement l'exclusion de certaines hypothèses mais surtout la destruction même de l'objet observé qui, comme la dualité onde-particule, possède simultanément plusieurs propriétés.

Considérons une première illustration de la méthode complémentariste. Dans Ethnopsychiatrie des Indiens mohaves, Devereux étudie longuement la vie d'une certaine Sahaykwisâ, personnage complexe, à la fois travestie, chaman et sorcière (cas 105 p.677). Le destin de Sahaykwisâ s'acheva dans les eaux du Colorado où elle se noya après que deux de ses amants l'y jetèrent du haut d'un pont. Au premier abord Sahaykwisâ fut donc assassinée mais précisément Devereux analyse ce fait comme un exemple de suicide vicariant des sorciers. Il reprend ce cas dans Ethnopsychanalyse complémentariste (page 22) pour illustrer la méthode complémentariste.

Le fait brut : La sorcière mohave Sahaykwisâ a incité ses deux amants à la tuer.

1) Explication psychologique :

espacea) Motif opérant : l'autodestructivité de Sahaykwisâ était telle qu'elle aurait réussi à se faire assassiner dans n'importe quelle société.

espaceb) Motif instrumental : En tant que sorcière mohave, convaincue que ce n'est qu'en se faisant assassiner qu'elle pourrait perpétuer son emprise sur les ombre de ses victimes (aimées), elle se proclama sorcière, ce qui, dans le milieu socio-culturel mohave, rendait son meurtre inévitable.

2) Explication sociologique :

espacea) Motif opérant = motif instrumental de l'explication psychologique.

espaceb) Motif instrumental = motif opérant de l'explication psychologique.

L'application est claire mais il faut bien concéder que sans connaître la personnalité de Sahaykwisâ et sans vraiment connaître les coutumes mohaves relatives à la sorcellerie, il est difficile de participer à la démonstration de Devereux, d'autant plus si l'on n'est pas familier de la méthode complémentariste. Pour toutes ces raisons, imaginons une situation qui nous sera plus familière. Le fait brut serait ici :

signe « le 14 février, un homme offre des fleurs à une femme ».

Un observateur - psychologue pourra émettre l'hypothèse que « l'amour » explique ce fait, autrement dit que l'amour de cet homme a causé cette « opération ». Différemment, un sociologue pourra émettre l'hypothèse que le 14 février étant « le jour de la St Valentin » est la cause de ce fait observé. Remarquons qu'une fleuriste pourrait effectivement confirmé qu'elle adapte son commerce à la St Valentin sachant que ce jour implique cette « opération ». Nous avons donc ici au moins deux motifs opérants et, comme dans l'exemple de Devereux, chacun d'eux est le motif instrumental de l'autre. Pour le psychologue, si l'amour opère ainsi, c'est que la St Valentin en a été le moyen, l'instrument pour l'exprimer. Inversement pour le sociologue, l'opération de la St Valentin peut être réalisée parce que l'amour peut en être le véhicule, l'instrument de cette coutume européenne aux formes variables selon les pays.

 

Amour et St Valentin

 

Par facilité intellectuelle on pourrait se contenter de ne retenir que tel ou tel niveau ou de penser que chacun est autonome. Dans la réalité, il y a bien des hommes amoureux qui offrent des fleurs à des femmes et cela "en-dehors" de la St Valentin et d'autre part, il y a bien un grand nombre d'hommes qui offrent des fleurs exclusivement ce jour-là. Il est même probable que certains d'entre eux le font par convention sociale alors que leur amour s'est un peu estompé. ;-)

Le problème est que si l'on se contentait de ces positions, le fait brut « le 14 février, un homme offre des fleurs à une femme » serait détruit, remplacé par deux autres faits bruts :

  1. « un homme amoureux offre des fleurs à une femme » ;

  2. « Le jour de la Saint Valentin, des fleurs sont offertes aux femmes ».

Les deux faits sont bien réels mais ils ne sont plus identiques au fait initial. Il s'agit d'autres objets d'observation. De la même manière, en physique classique il est possible d'étudier spécifiquement une particule et ensuite une onde mais l'objet « onde-particule » de la physique quantique n'est pas identique à une onde + une particule.

Nous avons proposé comme motif opérant de l'explication psychologique l'amour d'un homme pour une femme mais bien entendu d'autres propositions auraient été possibles sans que la démonstration en soit invalidée. Par exemple, cet homme aurait pu faire cela par une sorte de besoin de conformité ou ce qui n'est pas tout à fait invraisemblable parce qu'il est amoureux mais sans savoir que c'est la St Valentin. Dans ce dernier cas, il faudrait alors hypothéquer un autre motif instrumental.

un exemple commenté par Devereux

Après toutes ces explications, un autre exemple apparaitra certainement plus évident. Les propos de Devereux sont extraits de l’émission : Une vie, une œuvre : "Georges Devereux", présentée par Diane Kolnikoff, diffusée par Radio France-Culture en 1999. La mise en forme que j'ai donnée à ce texte n'est donc que mon interprétation subjective des propos de Devereux.

« Tenez, par exemple, prenons le cas concret d’un jeune hongrois en 1956 se battant contre les Russes et, mettons,  abattant un membre de la police secrète. Du point de vue psychologique, on peut dire que son motif opérant, le vrai ressort de son action, était son refus de l’autorité, son complexe d’Œdipe, sa haine du père etc. mais le fait est, que jusqu’à ce jour-là, il n’a jamais tapé sur un policier, ni sur son père, ni sur son maître d’école.

Alors, qu’est-ce qui arrive dans ce cas ? Il se présente une situation sociale qui interprète la situation de façon particulière et, avant la manifestation de  la pulsion permissive et légitime, je ne tue pas mon père je lutte pour la liberté de mon pays, bon, mais çà, c’est le psychologue qui parle. Maintenant inversons la chose et laissons parler le sociologue. Le sociologue dit que l’histoire de la Hongrie, c’est une série de guerre pour un souci de liberté, c’est un pays épris de liberté qui valorise son indépendance et les Hongrois arrivent à se battre, en mettant en œuvre, en déclenchant la haine de l’autorité qui existe en chacun de nous et qui remonte au complexe d’Œdipe. Donc ici, ce qui était motif opérant dans le premier cas devient motif instrumental ; c’est à dire que ce sont les ressources de la haine œdipienne qui sont employées dans la révolte et, ce qui dans la première était motif instrumental, c’est une guerre de liberté donc on peut donner libre cours à ses agressions, devient ici motif opérant, amour de liberté, de libérer le pays.

Et dans le cas hongrois la chose est particulièrement frappante parce qu’un cri de guerre hongrois, très ancien, est précisément une négation de l’agression œdipienne contre le père : « frappe le, coupe le de ton sabre, il n’est pas ton père ». Donc il s’agit essentiellement dans l’ethnopsychiatrie, l’ethnopsychanalyse, l’ ethnopsychologie de bien clarifier un phénomène quelconque sous deux optiques  - en termes sociologiques, ethnologiques, en termes psychologiques, psychiatriques, psychanalytiques -  et établir la relation, non pas entre ces deux aspects du phénomène, mais entre ces deux explications. »

Questions posées par le complémentarisme

Le complémentarisme pose cependant plusieurs questions. A ce point de l'explication, quelques lecteurs pourront objecter que nous avons esquivé un problème important : « le 14 février, un homme offre des fleurs à une femme » est-il réellement un fait brut ? En effet, un observateur pour lequel la singularité de la Saint Valentin est inconnue (par exemple parce qu'il est d'une autre culture) ne verrait pas spontanément le même fait brut !

Il en est de même pour le cas de « La sorcière mohave Sahaykwisâ a incité ses deux amants à la tuer ». De même qu'avoir retenu 14 février, noter que Sahaykwisâ est une sorcière mohave, n'est-ce pas déjà  « pré-découper » le champ expérimental ? Il y a bien en effet une forme de sélection dans le réel correspondante à une représentation signifiante pour l'observateur. S'il s'agissait d'une psychothérapie on y verrait un effet contre-transférentiel. Poursuivant l'analogie avec une problématique de la physique quantique, Devereux est très précis à l'égard de ce problème :

Il est peut-être utile de rappeler qu'un « fait brut » n'appartient d'emblée ni au domaine de la sociologie, ni à celui de la psychologie. Ce n'est que par son explication (dans le cadre de l'une ou de l'autre de ces sciences) que le fait brut se transforme en donnée, soit psychologique, soit sociologique. On est même tenté de penser que tout comme dans la physique des quanta c'est l'explication qui quasiment « force » l'électron d'avoir soit une position, soit un moment précis, c'est l'explication qu'on en donne qui oblige le fait brut de « devenir » une donnée psychologique ou sociologique. [...] Le principe de complémentarité semble donc jouer déjà au niveau de la transformation du fait brut en donnée relevant de l'une ou l'autre de ces sciences. (1985 :23)

A la limite, ce que nous appelons fait brut n'existe que dans la tête des acteurs (Sahaykwisâ, les amoureux, le jeune hongrois etc.) à la condition que les deux hypothèses soient confirmées. Il faudrait même ne pas oublier, par exemple pour la St Valentin, que la situation de cet « homme offrant des fleurs à une femme ce jour-là » pourrait être modifiée si ses acteurs se savaient observés.

Une autre question, soulevée d'ailleurs par Devereux, est celle des frontières. Entre les explications psychologique et sociologique où est la  « ligne de démarcation » ? Une telle ligne définit nécessairement des espaces : « si l'on observe un individu, ce qui, pour le psychologue, est « en-dedans » de cet individu est « en-dehors » de lui lorsque le sociologue le considère en tant que membre de l'ensemble dont il fait partie. » [p.17-Réf.1]. Le débat est bien complexe si l'on considère les situations « réelles ». Mais, ne serait-ce que dans notre exemple,  « l'état d'être amoureux » et le  « offrir des fleurs » n'appartiennent-ils qu'à un en-dedans pour l'un et un en-dehors pour l'autre ? Un historien (des sentiments) et un éthologue (des parades sexuelles) ne pourraient-ils pas inverser ces appartenances ? C'est ici qu'il est certainement intéressant de rappeler les réserves d'Einstein : peut-on écarter dogmatiquement l'existence d'un « champ » inconnu ou inexploré qui pourrait inclure des faits et des théories jusque là séparés ?

Une dernière question est celle que nous qualifierons momentanément des correspondances.

« Si les ethnologues dressaient l'inventaire exhaustif de tous les types connus de comportement culturel, cette liste coïnciderait point par point avec une liste également complète des pulsions, désirs, fantasmes, etc., obtenue par les psychanalystes en milieu clinique, démontrant par là simultanément, et par des moyens identiques, l'unité psychique de l'humanité et la validité des interprétations psychanalytiques de la culture... » [6].

Cette thèse formelle de Devereux implique logiquement des phénomènes relevant de la causalité classique (et non plus probabiliste comme dans la mécanique quantique). Elle laisse ouverte le questionnement d'une interface entre psychisme et culture alors que le principe de complémentarité pourrait faire croire ce questionnement illusoire.

Comme le conclut Georges Devereux, si cela reste possible c'est parce que « le complémentarisme n'est pas une  « théorie », mais une généralisation méthodologique. Le complémentarisme n'exclut aucune méthode, aucune théorie valable - il les coordonne. » [1985 :27]

 

 

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Notes et bibliographie


Sedang : Les Sedang sont une des 53 ethnies minoritaires du Viêt Nam mais leur aire d'habitat s'étend aussi au Laos et au Cambodge. L'appellation de Sedang-Moï que l'on trouve souvent dans les références au travail de Devereux est impropre : le mot moï est une francisation du vietnamien mọi et peut se traduire par barbare - sauvage. Leurs autodénominations sont Södang, et Hdang, Kmrâng, To-drá, Ca-dong, Monâm, Châu, Ta Trê, Ha-lang pour les groupes locaux. Les travaux vietnamiens actuels les concernant  « graphient » généralement Xo-dang.  Pour plus de détails on peut consulter : - Dictionnaire des Peuples de J-C. Tamisier chez Larousse, Paris, 1998 et - Les ethnies minoritaires du Vietnam, éd. The Gioi, Hanoi, 1993, en version française. - retour

 

1 - Devereux Georges, Ethnopsychanalyse complémentariste, Paris, Flammarion, 1985 - retour -

2 - Devereux Georges, De l'angoisse à la méthode, Paris, Flammarion, 1980 - retour -

3 - Devereux Georges, Ethnopsychiatrie des Indiens mohaves, SynthélaboGroupe, coll. Les empêcheurs de penser en rond, 1996 - retour -

3 - Rosenfeld Léon, article Bohr (Niels), Encyclopaedia Universalis, 1974 et + - retour -

4 - Bohr Niels, Causality and Complementarity, in Philosophy of Science, 4, 1937
Il semblerait que le physicien Pascual Jordan ait aussi fait de tels rapprochements. Devereux le cite fréquemment mais l'adhésion de Jordan au nazisme en a fait un "exclu" du monde scientifique. Pourtant, Einstein lui-même l'a proposé par deux fois au Prix Nobel. - retour -

5 - Les arguments développés par Einstein ne sont pas négligeables même si les données les plus récentes confortent la mécanique quantique. Sa critique nous semble être essentiellement d'ordre épistémologique :  « J’imagine que cette théorie sera incluse un jour dans une autre, un peu comme l’optique géométrique est englobée dans l’optique ondulatoire : les relations demeureront, mais les bases seront approfondies ou remplacées par d’autres plus larges. » On pourra consulter :
Born Max, Correspondance 1916-1955 (Einstein-Born), Paris, Éditions du Seuil, 1972 - retour -

6 - Chapitre III, Culture et Inconscient (1955) dans Ethnopsychanalyse complémentariste, p.79, voir plus haut la référence n°1 - Nous pensons qu'il y a quelque rapprochement à faire entre cette idée et celle-ci de Lévi-Strauss : « L’ensemble des coutumes d’un peuple est toujours marqué par un style ; elles forment des systèmes. Je suis persuadé que ces systèmes n’existent pas en nombre illimité, et que les sociétés humaines comme les individus - dans leurs jeux, leurs rêves ou leurs délires - ne créent jamais de façon absolue, mais se bornent à choisir certaines combinaisons dans un répertoire idéal qu’il serait possible de reconstituer. En faisant l’inventaire de toutes les coutumes observées, de toutes celles imaginées dans les mythes, celles aussi évoquées dans les jeux des enfants et des adultes, les rêves des individus sains ou malades et les conduites psycho-pathologiques, on parviendrait à dresser une sorte de tableau périodique comme celui des éléments chimiques, où toutes les coutumes réelles ou simplement possibles apparaîtraient groupées en familles, et où nous n'aurions plus qu'à reconnaître celles que les sociétés ont effectivement adoptées. »(Tristes tropiques,  Paris, Plon, coll. Terre Humaine, 1955, p.203) - retour -

 

 

© Association Géza Róheim - Fermi Patrick - 17 septembre 1998.grille.gif (47 octets)04 mars 2015