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Etude des borameï


D. Bertrand

18/12/08


Présentation par Patrick Fermi [ouverture dans une autre fenêtre]

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Introduction

Maître Loun possédé par Preah Kum Long (le roi lépreux) Photo D. Bertrand - reproduction interdite - Les médiums (krou chaul roup ou krou borameï) sont possédés par des pouvoirs appelés borameï qui ont pour identité des personnages souvent merveilleux bien connus des cambodgiens. On retrouve des avatars de Vishnou, des disciples de Bouddha, des rois, reines, princes, princesses, des héros humains ou animaux de la mythologie khmère, des chefs de l'armée, des ermites, et des autres noms tels les neak ta [note], ou celui de lieux sacrés et isolés. Mais des noms nouveaux sont formés à partir de mots évocateurs de matières précieuses et sacrées et créent de nouveaux personnages qui sont insérés dans des liens de parenté réels ou imaginaires. Ces mises en scène qui ne sont pas sans liens avec certaines formes d'expression théâtrales populaires (lakhaon bassac en particulier) témoignent de la reconstitution imaginaire de l'histoire cambodgienne au travers de rites et de croyances et de la réappropriation de figures héroïques mises au service de finalités pratiques dans un contexte socioculturel particulier alors que les médiums sont de plus en plus nombreux en zone urbaine et péri-urbaine.

Nous avons, durant plusieurs années, participé à la vie de médiums cambodgiens et aux différentes activités qu'ils conduisent et cérémonies qu'ils organisent. Nous avons interrogé tant les représentants snang ou roup que les borameï et consigné les noms d'environ cent médiums et près de 300 borameï.[1]
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Il est courant d'entendre dire qu'il y aurait au Cambodge plus de 10000 borameï. Ils ont pour identité des personnages souvent merveilleux, bien connus des cambodgiens. Ces personnages sont habillés de manière relativement distinctive et utilisent des instruments qui témoignent de leur identité. Lors des séances de possession, leur démarche, leur expression physique et verbale nous informent aussi sur leur caractère.

L'identité même du borameï se traduit dans ses fonctions sociales ou thérapeutiques qu'il exerce au travers de son représentant humain (snang) dont il investit la forme physique (roup) tout en la modifiant momentanément (tel un borameï princesse qui entre dans un maître -krou- homme). C'est cette identité (parfois multiple) dont le snang se réclame et sur laquelle il va bâtir sa réputation et ses pratiques.

Notre présentation proposera tout d'abord une classification des borameï et les différents critères qui peuvent être retenus à cet effet. Nous indiquerons les procédés d'attribution et de reconnaissance des noms. Comment les borameï élisent leur(s) snang? (ou les snang leurs borameï ?). Comment se tissent des liens familiaux entre humains et borameï ? Nous montrerons comment ces diverses identités s'articulent avec des rôles spécifiques reconnus qui induisent les attitudes des fidèles.

1 - Les différents types de borameï

1.1 / Les personnages de la religion
Ce groupe nombreux, (25% de l'ensemble), comprend une variété de figures, traduisant les différentes influences qui se sont exercées au Cambodge et les modes locaux de réappropriation de certaines déités.

On retrouve des noms de divinités brahmanistes telles Parvati sous le nom khmer d'Oma Vatheï , Préah Phakkani (Ganesh), Champoh Krud (Bec de Garouda, véhicule de Vishnou) Srey Khmav(la femme ou déesse noire) qui n'est pas sans évoquer Kali.

Des personnages sont signalés dans les kampi et les récits religieux, ou des jakata (en khmer tos cheadak); ce sont des noms de pré-Bouddhas, de la famille de Bouddha, des disciples de Bouddha comme Préah Vesando, Préah Mokklean, Préah Ayabot,... Toutefois leur venue est contestée par les médiums se voulant au plus près du bouddhisme qui nient que ces êtres parfaits puissent revenir sur terre. Les tévadas ne viennent que très rapidement posséder les snang. Considérée comme un borameï: la statue de Neang Préah Hing Thorakni (la mère de la terre) est présente sur presque tous les autels, toutefois elle ne vient pas prendre forme car est dans le monde de Bouddha. Neang Chek Neang Chom, les statues de Bouddha qui sont l'objet d'un culte récent dans la ville de Siem Reap et dont l'histoire reste encore mystérieuse, ont quelques snang.

Enfin, largement dominants, sont des personnages engagés dans une voie spirituelle tels les ermites (louk ta Eyseï) et Tabàs, des Neak Sachan. Ce sont généralement des hommes mais on cite quelques femmes qui ont une vie de mystique (louk yieï Phnom Kulen, Neang Pov à Phnom Kulen, . Ils sont différenciés dans leur nom par leur localisation et des caractéristiques physiques (long cheveux...) ou morales (bouche divine, ..). Leurs habits sont le plus souvent blancs (krong sar), on utilise ce terme krong du vocabulaire des bonzes (s'habiller) pour signaler leur venue dans le roup. Ils portent parfois un bâton et un petit sac en bandoulière.
Oma Vathey, revêt des habits princiers, on l'appelle d'ailleurs avec le vocabulaire royal. Sur certains autels, un yoni (une simple pierre plate trouvée sur un lieu sacré) rappelle sa présence, de même que, posée dessus, une pierre de forme phallique évoque le linga de son mari (Shiva- Eyso).
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Les snang eux-mêmes sont des personnes vertueuses et menant une vie paisible, à l'image de leur borameï certains respectent huit ou dix règles d'abstinence. La possession par les ermites est très calme, empreinte de sagesse et de plénitude, le borameï écoute, donne des conseils, rappelle des vertus morales. Certains snang évoquent une présence permanente du borameï en eux, qu'ils réveillent en allumant de l'encens et se concentrant, sans passer par une phase de transe.

Les neak sachin peuvent donner des noms de médicaments qu'ils ont connu lors de leur existence dans la forêt. Les borameï de ce groupe sont avant tout des propagateurs du dharma dont ils illustrent les vertus par leur pratique de la méditation.

1.2 / Les personnages de la mythologie
La grande majorité de ces borameï ( 40%de l'ensemble) appartient à des récits. Nous comptons à peu près un quart de femmes qui ont des rôles magiques glorieux et puissants, ou une grande beauté.
Citons le groupe des personnages des récits mythologiques et populaires tels Chup Leak (le fils de Rama), Neang Kang Rey et Rithisaen, le roi Preah Chan Koma (enfant de la lune), Preah Neang Soma Vatheï, Preah Ko Preah Keo, Neang Peu Rachana, Neang Khmeu, .... Ils sont souvent en relation avec les anciennes capitales des différents empires khmers et des hauts lieux sacrés (Angkor, Phnom Udon, Phnom Chisor, Phnom Bayongko à Angkor Boreï....) qui deviennent des lieux de pèlerinage pour les snang. Preah Ko et Neang Peu Rachana son épouse, vont à Long Vêk où ils vénèrent entre autres reliques un vieux manguier svay kal, manguier du temps, qui maintenant pousse au milieu d'un banian.
Certains de ces endroits sont liés avec des noms de borameï par le snang sans que nous retrouvions trace de ces faits dans des ouvrages historiques. Le snang de Preah Kum Long (le roi lépreux) va à la terrasse du roi lépreux à Angkor, et à Taprom qu'il dit être le lieu d'origine de ce roi .

Preah Kum Long est un borameï très curieux et ludique, il fait rire, dit des plaisanteries à caractère sexuel voire vulgaires, et surtout donne les numéros de loterie. Très populaire, on l'appelle préah mais on s'adresse à lui sous le nom plus familier, quoique respectueux, de ta.

Nous assistons à la re-création d'une histoire nationale mythique qui relève à la fois de l'imagination du médium (ou du borameï ) et de récits populaires qui étaient largement diffusés avant la guerre sous forme de bandes dessinées. Les personnages sont d'autant plus multiples que l'imagination reste libre d'inventer de nouveaux sujets tout particulièrement en tissant des réseaux de liens familiaux entre borameï.

Les habits et les instruments, la langue pratiquée sont identiques à ceux de théâtre Bassac. Certains snang qui n'ont pas les moyens d'acheter ces vêtements coûteux, les louent pour la cérémonie d'ouverture de la voie ou d'inauguration de leur autel (aphisek asaknak). Les snang fortunés rajoutent même des décorations, bijoux de pacotille, diadèmes, étoffes de haute qualité avec des paillettes. Les autels de ces snang sont bien décorés, ils comprennent des éléments hétéroclites tel des véhicules (cheval, charrette, pirogues.....) des images relatant l'histoire du borameï, Les gestes et les comportements rappelent ceux des acteurs professionnels. Cette mise en scène, qui fait d'autant plus croire que l'on se trouve réellement en face des borameï en personne, accentue l'effet de persuasion sur les consultants. Plus la substitution est totale et fait oublier la présence du snang, plus sont forts l'adhésion et le respect du public. Les cas d'inversion sexuelle ou un snang homme devient un borameï princesse attirent d'autant plus la "confiance" que la transfiguration est réussie.

Ces borameï sont souvent consultés à la fois pour la divination et pour soigner les malades. Ils interviennent pour régler les relations familiales ou au travail.



1.3 / Le groupe des animaux
Ce ensemble modeste est composé de borameï issus de récits et des animaux sauvages: le dragon (neak), et sa famille, représentant près de la moitié des cas, des singes dont le fameux Hanuman du Ramayana, un tigre, Kropoe Sarawan le crocodile de Sarawan (récit khmer), et kuchasa so un éléphant blanc présent dans plusieurs récits dont celui du roi éléphant blanc, un oiseau mythologique doré (hang meas) véhicule de Préah Prum (Brahma), un cheval blanc (celui que Sakya Mouni chevauchait en quittant son palais avant de devenir Bouddha) .
On peut reconnaître ces borameï plus facilement que les autres car leurs gestualité est démonstrative de leur identité. Quelquefois les snang portent des masques tel les singes. Les petits dragons sauvages, rampent en soufflant, ils mobilisent l'assemblée qui va canaliser leurs mouvements désordonnés, d'autres snang non possédés vont leur remplir régulièrement la bouche d'eau que les dragons vont recracher en la pulvérisant.

Le borameï de petit dragon entre de manière violente et le snang revient difficilement à lui, le médium doit le réveiller, le gifler légèrement, lui donner du parfum, mais au contraire les grands neak comme Neang Neak, Muchak lin, Champa Vatey, vêtus de leurs plus beaux atours ont des actions plus contrôlées; ils ne se roulent par terre que rarement et s'habillent comme des princesses. Neang Neak est la femme de Preah Thaong suivant la mythologie de la création du Cambodge, elle fait preuve de jalousie, de colère et d'autorité. Les autres ont un caractère plus animal, ils ne parlent que rarement utilisant auquel cas le langage royal.

Le borameï tigre (khla), est très nerveux et agressif, il cherche à se combattre, en rugissant. Comme pour les dragons, le snang est dans un état de transe profond dont il ne revient que difficilement qu'après une phase d'évanouissement.

Ces borameï qui n'ont pas de fonction sociale ou thérapeutique, sont les premiers qui visitent un snang avant que ne se manifestent d'autres borameï plus "humains". Dans la plupart des cas, ils s'agit de possessions subites et non pas éduquées par un apprentissage et progressivement révélées.

1.4 / Le groupe des neak ta et arak
Certains borameï portent des noms qui sont connus comme étant ceux de neak ta, cités dans les recueils de récits khmers(10%), sous formes de héros guerriers (historiques ou imaginaires) tels Kloamng Moeung, neak ta de Pursat , Kra Hàm Kà que l'on trouve dans plusieurs régions.
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Les neak ta sont repris à un niveau national comme "déterritorialisés" (tels ceux qui sont en face du palais et protègent le grand neak ta national de Dong kaoeu: Kra Hàm kà, Preah Chao, Dambong daek ). Un culte leur est rendu à un autel de snang dans une maison. On parle plus précisément d'eux comme des borameï. Les snang sont bien informés de l'histoire des neak ta, mais la manière dont ils les font intervenir est semblable à celle des autres borameï, c'est-à-dire que l'on ne considère plus leur rattachement géographique surtout s'ils ne sont pas localisés dans des pagodes qui, elles, peuvent rester plus facilement des lieux de culte connu et de pèlerinage. Les snang les appellent avec des termes de référence de la langue royale, préah ang ou préah bat, alors qu'au village, le roup neak ta les appellerait plutôt ta suivi de leur nom.

Nous avons rencontré deux roup arak qui, sont en outre krou borameï, ils ont intégré l'arak familial parmi les figures de la possession sans faire de distinction majeure sur la forme sauf que l'arak ne persécute que des gens de la famille et qu'ils continuent à célébrer la fête annuelle en leur honneur. Il s'agit de simple cumul de fonctions.

1.5 / Les personnages historiques réels : rois et membres de la famille royale, des héros et grands chefs de l'armée, des anciens bonzes ou krou renommés
Certains borameï (10%de l'ensemble) ont pris le nom de bonzes, krou, généraux qui appartiennent à l'histoire contemporaine, et quelques uns sont décédés sous Sihanouk, Lon Nol ou Pol Pot. Tel le bonze Chan Cheung qui méditait à Watt Phnom durant la guerre, sous le régime de Lon Nol ou Angk Phèum frère de Angk Duong.

Nouvelle version de l'histoire, Krapun Chouk serait selon son snang qui réside à Takhmau, une fille de Sihanouk morte jeune, de manière subite mais plus probablement elle est une fille de Chan Reachea qui a construit un stupa à l'intention de sa famille en 1529 à Kratié (elle est encore véné rée par la famille royale).

Comme souvent les neak ta, certains borameï sont morts de façon accidentelle et violente, ils peuvent s'associer dans une certaine mesure aux revenants, ils ont gardé de une puissance qui viendrait se manifester dans les snang. La multiplication actuelle des borameï est expliquée par la mort sous Pol Pot de nombreux personnages de vertu sans que leur famille n'aie pu faire des cultes pour eux, qui reviennent pour obtenir les fêtes qui leurs sont dûes par l'intermédiaire des snang, qu'ils aliénent à leur service. Toutefois, rares sont les borameï qui portent le nom de personnes mortes sous Pol Pot.

Pet Nien un krou mon akom (qui pratique la magie) fameux à Svay Rieng a pour snang le fils de son fils adoptif qui se dit krou borameï. Ce qui est étonnant, c'est qu'auparavant, le pouvoir de ce type de personnage après sa mort pouvait continuer à se manifester chez un successeur dûment choisi, par exemple: le nouveau chef des bonzes ou l'achar ou un descendant de la famille sous forme de krou kan. Ce type de krou inspire et conseille lors du sommeil ou de la méditation sans que cela n'apparaisse comme un phénomène de possession manifeste et accompagnée de transe.

Un quart de ce groupe est composé de princesses ou de reines. Il comprend des noms célèbres dans l'histoire et les récits populaires, des héros qui ont beaucoup combattu et affronté victorieusement des difficultés avant de devenir rois.

Le snang connait bien l'origine géographique de ces borameï qui est un lieu de pèlerinage, par exemple. Soma Vathey se rend à Phnom Da (Kirivong, Takéo) capitale du royaume de Funan. Basey Cham Krong, roi de l'époque angkorienne, a pour snang un homme qui réside au village de Muk Boun à côté de Phnom Prasit qui est l'endroit où il est resté dans son jeune âge et a pratiqué la méditation. Ce borameï a des relations familiales que l'on retrouve dans les récits historiques et que les snang reproduisent tel Ta Kahé son père adoptif et Yaï Leak son épouse. Le snang va aussi à Vihear Sour où le roi se serait réfugié pour fuir des ennemis.

1.6 / Les borameï nouveaux
Ce sont des borameï dont les noms sont composés avec plusieurs unités sémantiques à partir de lexèmes évoquant les matières précieuses (or, diamant, bronze) sacrées (fleur de lotus), précédés des termes de désignation révérencieux (Préhang monseigneur, louk ta, louk yieï, pour s'adresser aux personnes âgées, votre excellence) et avec des mots récents, mais symboliquement chargés car représentant des vertus comme on les choisit pour des enfants. Cet ensemble représente (10%) des noms. Il comprend aussi des noms de la vie quotidienne ; des surnoms ou des sobriquets.
Certains sont inspirés d'autres noms de récits dont ils reprennent un ou deux composant par exemple : Sampoh Tevi Vatey (nous connaissons tevi et vatheï dans d'autres compositions).
Ces nouveaux noms sont créés de toute pièces, ces personnages n'ont pas d'identité historique, ils sont porteurs de puissance essentiellement au travers de leur nom. Le borameï, si on l'interroge, est très surpris, il ne peut guère révéler de détails concernant sa biographie.
Certains borameï portent des nouveaux noms précédés de koma :enfant, ils adoptent un langage et des attitudes puériles. On les entoure comme des enfants, ils peuvent entreposer des jouets sur un coin de l'autel. Des noms plus simples représentent des petits borameï dont le rôle est plus limité (amusement, service des grands borameï) par exemple akil : enfant turbulent, akoy enfant malhonnête.


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2 - La détermination des noms de borameï

Presque tous les snang vivent des événements difficiles avant que ne soit révélée la présence d'un borameï comme étant à l'origine de la maladie, des accidents ou divers autres malheurs. Ils ont souffert de symptômes douloureux incurables par les médecins et divers autres tradipraticiens avant que de s'adresser aux médiums. Et c'est à la faveur de ce nouveau contexte que leur sera donné le diagnostic ramenant l'origine de leurs troubles à un borameï. Mais quelques rares snang ont commencé par une crise de possession spontanée en participant à une cérémonie et entendant la musique sans avoir nécessairement au préalable vécu d'épisode maladif.

Le plus souvent la voie du borameï est ouverte par un krou borameï guérisseur dénommé opachhea qui progressivement révèle au snang l'identité de son borameï, en fonction de d'informations venant de son pouvoir. Toutefois, le nom attribué n'est pas sans relation avec les comportements du malade durant les séances de guérison; le sujet qui sera dénommé Hong Mia (Cigogne d'or) tremble fortement: dans le conte traditionnel, cet animal a été mis en cage car il avait des plumes en or, il tremble car on lui a arraché ses plumes d'or qui le protégeaient. Le snang du borameï Tep Macha (le poisson divin), esquisse des mouvements natatoires. Un jeune homme est atteint d'une paralysie du bras en allumant des baguettes d'encens devant un autel, ce symptôme disparaîtra progressivement lors de la prise en charge thérapeutique par le médium, son borameï sera nommé seda yos, un oiseau, qui dans l'histoire racontée par le médium, est blessé à l'aile par la flèche d'un chasseur. Bien que le snang soit guéri de sa paralysie, le roup de ce borameï aura encore le bras paralysé lors de chaque possession.

Mais il est d'autres cas, plus rares, où le snang gravement malade, tombe inconscient, rêve puis il se réveille et peut raconter qu'il est passé dans un autre monde où il a vu des paysages extraordinaires, et lui a été révélé la prochaine venue d'un borameï. Lors de ce voyage, il a rencontré sa famille de l'au-delà et après il peut ainsi connaître sa parenté. Tous ces éléments seront encore précisés lors de la rencontre avec un médium ou une fois que la personne sera devenue snang,

Des éléments biographiques peuvent aider à comprendre les procédés d'attribution du nom de borameï ; tel ce snang qui nous explique qu'enfant, elle accompagnait son grand père médium, en ayant l'habitude de relever ses cheveux en chignon (touk chouk). Elle sera possédée par un borameï nommé le petit enfant au chignon (chau chouk koma).


3 - Les relations entre les borameï et les snang

3.1 /  Les différents types d'activité des borameï et des snang.
- Le groupe le plus remarquable est celui de borameï dignitaires des rangs les plus hauts. Certains médiums ont même quelques réticences à croire qu'ils puissent s'incarner dans des formes humaines, et critiquent ceux qui osent s'en vanter parce que ces personnages ne peuvent pas venir chez de simples humains dans la mesure où ils ont déjà quitté notre monde. Ils seraient déjà entrés dans le Nirvana et ne pourraient donc pas revenir. Par exemple: Sakathevareach le roi des Tevada (dieux du ciel) , la mère de Bouddha, Preah Sea le Bouddha de l'avenir, la mère du Monde (Meida Pipop) ...

Ces borameï sont dits être les plus efficaces par les consultants, mais les médiums concernés disent que les possessions sont très rapides (on utilise spécialement le mot krop: recouvrir) et qu'en fait Preanh (le borameï) ne "travaille" pas. Le médium opère la thérapie ou la divination avec les autres borameï mais la possession par ces grands personnages garde un effet publicitaire. Même quand le borameï est parti, le snang bénéficie encore des marques de respect en particulier dans le langage, les révérences et les salutations.

- Un deuxième groupe représente des personnages plus proches des humains mais renommés puissants et anciens, par exemple des neak ta, des princesses, des disciples de Bouddha, des héros, toujours présents dans l'esprit des Khmers. Tel des spectacles, ces cérémonies théâtralisées attirent de nombreux fidèles car les acteurs borameï leur sont proches. Les snang de ces borameï sont assez prospères, car ils ont des borameï dont la popularité leur est favorable.

Toutefois, certains snang qui ont de tels noms de borameï n'ont pas d'activité professionnelle liée à cette relation, ils continuent une vie normale de chauffeur, de chef d'entreprise, de fonctionnaires ou commerçants, qui leur permet d'assurer leur subsistance, tout en célébrant les rites qui sont dus aux borameï à leur autel familial ce qui leur assure tout au moins une protection en matière de santé et de malheur. Ils se centrent sur la vénération des trois joyaux (Bouddha, dharma, sangha).

Le passage à une activité médiumnique professionnelle relève aussi de facteurs économiques propres au snang. Deviendront médiums professionnels des individus qui n'exercent pas d'autre activité rémunératrice (paysans, petits commerçants de marché, changeur d'argent, ....).

- Le groupe des "petits" borameï , est constitué de "petits" snang ne sont pas des médiums professionnels et ils viennent régulièrement voir leur maître afin de rester en bonne santé. Ils participent aux cérémonies des grands borameï et à leur organisation en aidant à préparer les bayseï, la nourriture, ... les petits borameï s'efforcent de travailler chez les maîtres médiums, comme en apprentissage, et pour garder une relation étroite avec les grands borameï . Certains restent, pour acquérir du pouvoir, et ensuite s'installer à leur compte ce qui ne va pas parfois sans créer de ruptures pour des raisons de pratique ou de doctrine et de concurence.

La possession par des esprits maléfiques tels les preay est selon les krou le fait de snang qui ne savent pas bien faire la méditation et donc ne peuvent pas bien se protéger eux-mêmes. Toutefois pour certains krou ces mauvais esprits peuvent être pacifiés et en tant qu'êtres de connaissance, ils se transformeraient alors en borameï et perdant leur identité de preay elles acquièrent un nom de petit borameï qui dans ces cas là est toujours un nom composé pour l'occasion.

3. 2 / La société des borameï
Les borameï appartiennent à un ensemble immense qui est trop peu structuré pour que l'on puisse réellement parler comme au Viêt-Nam de panthéon. Cet ensemble, reflet à la fois, de la société cambodgienne, et de son évolution au cours des siècles n'est pas extrêmement hiérarchisé ou bien groupé sous une autorité unique.

La récupération des néak ta se fait au travers de réseaux de génies qui ont un rattachement variable et sont alors affectés à la défense d'un territoire ou du royaume mais sans organisation réellement unifiante tel le neak ta Khlaong Meuang qui devient "un génie de l'unification nationale" même les trois neak ta installés face au palais près du neak ta du mat qui protège le royaume ne sont que sa garde rapprochée.

La femme aux dix vertus - temple de Preah Khan - Angkor - Photo de D. Bertrand - reproduction interdite sans autorisationde l'auteur -Par ailleurs, il est curieux de constater combien cette société de borameï traduit les aspirations sociales élémentaires car elle ne comprend apparemment plus de paysans : un krou explique "il y a des riches, il y a des pauvres, il y a quelqu'un qui est roi, ou mandarin, l'autre qui est fonctionnaire ou militaire, et d'autres qui sont des citoyens". Un modèle militaire s'impose lors des démonstrations de généraux (metoap) accompagnés de leurs soldats qui organisent des rites en phase initiale ou finale de certaines cérémonies. Le borameï chef de l'armée, peut combattre avec ses troupes de snang, soldats pour la défense du dharma et chasser les mauvaises influences, ils apparaissent à la suite des cérémonies de Krong Pali autour d'une longue table où sont disposées des offrandes de nourriture non bouddhistes (tête de cochon, poulets, fruits gâteaux, riz, ....) et de bière. Tous festoient alors sur la musique de plin piet ou plin khmer en tournant autour du buffet et s'aspergeant allègrement de bière.

Le monde des borameï comprend des rapports de soumission. L'on retrouve des valets (mahatlek) au service des figures royales, un ensemble de petits borameï que certains krou appelent des boriva borameï, qui se manifestent par exemple lors des fêtes en dansant et en lançant des fleurs sur les statues de Bouddha.

La danse qui est un élément remarquable des séance de possession et surtout des fêtes traduit les différents statuts des borameï, l'on ne verra jamais un neak sachin danser; citons un bonze krou borameï : " on chante, on danse dans la fête c'est selon le rang du borameï, mais ce sont les petits borameï qui agissent ainsi, ce n'est pas le roi."

Un autre krou " il y a les classes des borameï quand on est déjà entré dans la méditation, on ne danse pas, mais les autres ceux qui sont rasés et habillés en blanc, ils sont plus sensibles et ce sont ces gens là les boriva borameï qui dansent."

La nationalité des borameï n'est pas seulement cambodgienne puisque l'on trouve des borameï d'origine indienne, sri lankaise, vietnamienne, thaïe, laotienne, javanaise, chinoise, l'on nous signale même un français que nous n'avons pas rencontré.

Ces borameï se distinguent par leur habillement mais surtout le vocabulaire qu'ils utilisent qui est censé être celle de leur pays natal (dont il garde de vagues consonances). Les borameï d'origine Indienne et Sri Lankaise qui disent s'exprimer en sanscrit et pâli sont particulièrement vénérés car provenant du pays de Bouddha. Ces snang se plaignent de manquer de décoration authentique.

Soma vathei bien que représentée comme khmère se recouvre la tête d'un foulard comme les Chams, car elle respecte le père adoptif de sa mari Kao Din d'origine javanaise (ou malaise) qui est musulman.

Les borameï chinois sont des neak ta ou des guerriers importés de Chine (Komar Lao cha, Kong Kong, Taïy Loek si).

3. 3 /  Les relations et les interactions entre le borameï et le snang
Le snang continue à bénéficier de la renommée, et des marques de respect dûes à son borameï, en particulier, on utilise le nom du borameï pour appeler les snang, même hors de la possession. Au niveau des dons, la confusion se maintient d'autant plus que certains médiums disent qu'ils ont leur borameï en permanence dans le corps, tout ce que l'on donne aux borameï , on le donne aux snang. Les dons importants qui sont faits par des personnes riches aux snang accroissent d'autant renommée de ces derniers, de même que les constructions qu'ils entreprennent alors avec l'argent qu'on leur confie à cet effet.

Un borameï qui a beaucoup de liens de parenté garantit une grande fréquentation à son snang et accroît sa popularité. Par exemple, un jeune couple présente son bébé malade que le borameï reconnaît comme son fils et oblige les parents à revenir tous les jours saints avec les offrandes de circonstances, pour voir son père, sous peine que l'enfant ne retombe malade. Les liens familiaux entraînent une nécessaire fidélité, l'assistance et des obligations de visite.

La possession par le borameï a une incidence sur le rôle des snang au sein de leur famille. Devenir médium, avec un borameï de haut rang, permet à certaines femmes qui restent avec leur époux, d'acquérir un statut de pouvoir. Ce sont elles qui contribuent aux ressources du foyer entièrement organisé autour de leurs activités. Le mari est respecté par les consultants mais il est au service de sa femme qui a une vie très mouvementée; elle peut sortir de la maison, coucher à l'extérieur pour participer à des cérémonies dans des watt ou chez d'autres snang. Toutefois, l'acceptation de ce nouveau rôle de l'épouse ne se fait pas toujours facilement, certains couples se séparent. La cohabitation avec un génie est une contrainte que certains maris acceptent difficilement; les femmes racontent subir des menaces mais leur borameï rend parfois le mari malade et le ramène donc à la raison. En juin 1996, une femme médium a organisé une fête pour célébrer le retour à une vie conjugale après que le couple aie traversé des conflits suite au refus du mari d'accepter la médiumnité de sa femme.

Il n'en reste pas moins que de nombreux snang ont une vie maritale souvent perturbée on retrouve des personnes séparées, divorcées ou veuves. Quelques femmes vivent ensemble, des hommes disent s'être séparés de leur épouse. Nous avons rencontré deux cas de médiums (une femme et un homme) qui ont organisé un deuxième mariage pour leur conjoint après être entrés dans la médiumnité. Par contre, des mariages sont occasionnellement organisés entre borameï sans considération des sexes des snang. Il semblerait que ces mariages dans l'autre voie ne soient pas consommés, est-ce parce que la durée de possession qui est publique n'en laisse pas l'occasion? Les snang de borameï mariés gardent toutefois une certaine proximité qui pourrait bien se traduire dans des faits. Cependant la sexualité des médiums ne nous semble pas spécialement licencieuse dans la mesure où plusieurs disent avoir un vœu de renoncement sexuel qui est une des dix vertus majeures.

Même dans les périodes de répression, où les séances de possession étaient interdites, les snang ont pu maintenir une relation privilégiée avec leur borameï, et parfois se jouer des autorités. Telle cette femme qui, sous les khmers rouges dit avoir eu une fois par semaine un festin dans l'autre monde, et qui, le reste du temps se contentait de maigres rations qui la rassasiaient alors que tous souffraient de faim autour d'elle. Tel autre borameï aurait même pu "investir" l'officier vietnamien qui venait l'arrêter. Ce jeu de déni d'un pouvoir oppressif qui attribue aux borameï et donc à leur snang un pouvoir supérieur est analysé au Laos par Monique Sélim.

Les effets du borameï se manifestent encore largement dans la vie du snang et dans son identité, ses comportements quotidiens. Telle cette femme qui a un borameï enfant et se plaint de douleurs au genoux qu'elle attribue au fait que cet enfant joue trop souvent à quatre pattes aux billes. Le snang continue même à s'exprimer comme un enfant, quand il est dans un entourage de snang ou avec ses parents de la voie obscure. Les borameï enfants ont une incidence forte sur leur représentant dans la vie quotidienne, tel ce snang qui dit ne pas pouvoir aller travailler car son borameï actuel est un enfant, et qui reste près de l'autel quasiment en permanence. Par contre, ces borameï enfants sont très disponibles pour venir aider les snang si des consultants se présentent. Ils ressemblent à de nombreux égards aux neveux cousins ou petits frères qui dans les familles cambodgiennes peuvent rendre de nombreux services à leurs aînés chez qui ils résident.


Conclusion

Les frontières de l'identité des borameï¨ et de celle des snang ne sont pas toujours très nettes, il y a des interférences entre ces niveaux de réalité qui passent par le même roup, Cette confusion est très manifeste au niveau de l'identité sexuelle, certains borameï permettent à leur snang d'exprimer de manière tout à fait reconnue et de valoriser des tendances au travestisme ou à l'inversion sexuelle qui continuent à se manifester chez le snang (cheveux longs, ongles longs et vernis, utilisation de maquillage chez des snang homme, ) habits masculins cheveux très courts, cigarettes, paroles forte chez des femmes. Si la majorité des borameï (environ 3/4) sont masculins, 3/4 des snang sont des femmes, considérant qu'environ la moitié des hommes ont au moins un borameï féminin l'on peut conclure qu'au travers de la possession s'opère souvent une inversion sexuelle.

Le nom et l'identité du borameï sont des éléments fondamentaux de son influence en étroite interaction avec la personnalité des snang. Les noms déjà connus qui se perpétuent sont toujours respectés par les fidèles. Par un effet flagrant de reproduction ou de mimétisme, les grands borameï guérissent les grand messieurs de la société actuelle jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir, prouvant combien les deux mondes ne sont pas si différents et étanches.

La théâtralisation, phénomène d'autant plus sensible en zone urbaine, a un rôle attractif, et participe à la popularité du krou borameï. Ces mises en scène qui ne sont pas sans liens avec certaines formes d'expression théâtrales populaires (lkhaon basak en particulier ou yiké) témoignent de la reconstitution imaginaire de l'histoire cambodgienne au travers de rites et de croyances et de la ré-appropriation de figures héroïques ou mythiques mises au service de finalités pratiques dans un contexte socioculturel particulier. Avec les borameï qui traduisent une représentation de notre monde, et des mondes qui nous entourent. Les lieux de cultes qui leurs sont attribués dessinent une nouvelle carte spirituelle du Cambodge.

Par le recours au borameï, les médiums qui sont de plus en plus nombreux en zone urbaine et péri-urbaine, témoignent de la vitalité créatrice qui anime la société cambodgienne en matière spirituelle voire mystique face au matérialisme qui en même temps s'y développe. Ces entités religieuses supérieures aux humains sont appelés pour résoudre les difficultés du quotidien, ce qui traduit une certaine "dépossession" par les humains de leur propre destinée, qui est peut être à relier aux profonds bouleversements qui ont secoué la société cambodgienne ces dernières années et amènent à rechercher un recours ailleurs. Les borameï constituent une manifestation visible du pouvoir de Bouddha par l'intermédiaire des snang car Bouddha n'est pas dans ce monde, il est dans le nirvana dont il ne peut revenir mais cela leur confère légitimité et puissance. Les borameï sont en adéquation avec les nécessités de la vie individuelle, sociale, politique. Par l'intermédiaire de leurs snang, ils répondent à la gestion du quotidien des populations. Mais, si l'on observe bien, l'on se rend compte que, bien que doués d'une forte charge morale, les vertueux borameï ne sont pas si différents des humains dans la mesure où les relations (la connivence) avec leur représentant médium sont étroites.

Didier BERTRAND

Docteur en psychologie interculturelle, Ethnopsychologue - IRSEA - CNRS de Marseille,
chargé d'enseignements aux universités de Toulouse le Mirail et de Montpellier II.

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Note

Les neak ta peuvent se définir comme les esprits d'un lieu. Ils sont le plus souvent rattachés à un village.
L'arak peut se définir comme un esprit qui se manifeste dans une famille au travers des générations, il peut être un ancêtre.
Dans les deux cas les villageois ou les membres de la famille doivent chaque année organiser un rituel assorti un festin et d'offrandes pour ces esprits qui sont invités et se manifestent au travers des roup.

[Voir la bibliographie dans la suite du texte de D. Bertrand. Pour approfondir ces questions, un texte en ligne sur les neak ta. Vous pouvez aussi consulter : Ang Chouléan, Les êtres surnaturels dans la religion populaire khmère, thèse de doctorat de 3eme cycle d'ethnologie (dir. Georges Condominas), Paris, École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1982 // Aymonier Etienne, Notes sur les coutumes et croyances superstitieuses des Cambodgiens, commenté par Pou Saveros, Paris, Cedoreck, 1984]

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BIBLIOGRAPHIE (de ce texte)

Ouvrages en Français ou en anglais

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