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l'air du temps


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Explication des rêves - La dernière clef des songes

14 sept. 2010


 L'air du temps plutôt qu' Actualités car ces informations ne sont pas forcément tombées de la dernière pluie.



Les auteurs, éditeurs et libraires désireux de nous soutenir et de se voir cités sont les bienvenus.

Nous remercions
Jean-Louis Sagot-Duvauroux et les éditions Albin Michel de nous avoir adressé
On ne naît pas Noir, on le devient, ouvrage recommandé et commenté dans la rubrique ci-dessous.


A lire....

bturqomb.gif (1016 octets)  Dans une page de garde de Esquisse pour une auto-analyse, Pierre Bourdieu prévient « Ceci n'est pas une autobiographie ». Bien entendu ce n'est pas non plus une auto-analyse au sens de Karen Horney; d'ailleurs l'éditeur [Éditions raisons d'agir - Paris] signale que dans des notes préparatoires, Bourdieu avait écrit « Analyse sociologique excluant la psychologie, sauf quelques mouvements d'humeur. ». On aura compris que ce petit livre rédigé en 2001 et publié en 2004 voudrait analyser "ce qui se passe" lorsque le fils d'un modeste employé des Postes accomplit un parcours scolaire allant de la classe de 6ème au Collège de France, d'un village des Hautes-Pyrénées à la capitale. Avec cet écrit, on traverse la vie intellectuelle de la seconde moitié du XXe siècle, l'École normale supérieure de la rue d'Ulm étant au cœur de tout ce voyage. Il va sans dire que le lecteur y rencontrera des Idées mais aussi ces presque invisibles réseaux de pouvoir qui tissent les habitus de l'intelligentsia française.
Une esquisse n'est cependant qu'une esquisse et l'on ne peut s'attendre à trouver des analyses aussi fines que celles auxquelles Bourdieu nous a accoutumés. Je n'y ai certainement pas retenu ce que le sociologue béarnais aurait voulu : en effet, pour moi, ce livre s'est réellement animé lorsque Bourdieu, après avoir décrit les implications sociales de son père, du syndicalisme au quotidien comme «.. d'aider les plus pauvres à se dépêtrer dans les paperasses.. », écrit : « et je me rappelle avoir pleuré plusieurs fois en pensant que son nom, malgré tant de mérites, ne serait pas dans le dictionnaire. ». Là, l'humanité de son père possède littéralement le sociologue ; ne serait-ce pas elle, autant qu'un habitus quelconque, qui a pu faire que leur nom soit effectivement aujourd'hui dans les dictionnaires ?

bturqomb.gif (1016 octets)Georges Lapassade avec D'un marabout l'autre, propose de suivre, pas à pas, le pèlerinage annuel de la confrérie des Regraga dans le Sud marocain. Initialement il s'agit d'un journal de voyage de Lapassade écrit à l'occasion de la réalisation d'un documentaire et qui est ici superbement illustré par les photographies de Frederic Damgaard. A ceux qui voudraient croire que les confréries ne sont que des manifestations marginales de la vie religieuse, les clichés de Damgaard à eux seuls démontrent leurs ancrages dans le quotidien du peuple. Ce petit livre a été publié par Atlantica (Biarritz) dans la collection Transhumances en 2000.

bturqomb.gif (1016 octets) La toile électronique autorise de manière efficace la recherche d'ouvrages anciens ou épuisés (même chez de véritables libraires), aussi il est relativement facile de retrouver par exemple Le bâton de l'aveugle - Divination, maladie et pouvoir chez les Moundang du Tchad - d'Alfred Adler et d'Andras Zempléni, chez Hermann, Paris, collection Savoir, 1972. Il y est question de l'exercice de la socio-analyse d'une technique divinatoire à l'œuvre au quotidien, tout au moins lorsqu'une décision de quelque importance doit être prise, chez  ces paysans cultivateurs de mil et de coton du sud-ouest du Tchad.

bturqomb.gif (1016 octets) Dans le même esprit que précédemment, essayez de trouver L'alimentation dans un village Yao de Thaïlande du Nord, sous titré mais seulement à l'intérieur du livre, De l'au-delà au cuisiné. Ce véritable livre d'ethnologie, et d'ethnographie, si l'on voulait parler avec plus de justesse et précision, d'Annie Hubert, publié aux éditions du CNRS, en 1985, est malheureusement d'une "espèce" trop rare en ce domaine. A l'issue de sa lecture, de la description approfondie de la culture matérielle (pas seulement liée à l'alimentation), à la fumée de la cuisine, se dégagent vivante et chaleureuse l'humanité et la représentation du monde des Mien (sous groupe Yao).

bturqomb.gif (1016 octets) J'ai été ému en lisant La psychose selon Freud (ou d'un regard par dessus le mur) du regretté René Laloue, psychiatre et psychanalyste. Ce livre édité en 2000 chez l'Harmattan dans la collection Études psychanalytiques, collection dirigée par Joël Bernat, est originellement la thèse en psychologie de René Laloue, soutenue en 1973. Les Séminaires de Laloue, séminaires qu'il animait à la fac de psycho de Bordeaux, étaient pour beaucoup d'étudiants un moment important dans le cursus de psychologie clinique et pathologique. Pour moi, ils contribuèrent en tous cas à accomplir ce voyage initiatique en train dont parle si bien Henri Normand dans une préface de ce livre.
Il fut un temps, où encore étudiant, je « tenais la bibliothèque » du second cycle. Bibliothèque est d’ailleurs un bien grand mot car la totalité des livres remplissaient seulement deux grandes armoires. Cela expliquant certainement qu'elle était logée dans une grande pièce servant par la même occasion de bureau à deux ou trois enseignants. Le Professeur Laloue étaient de ceux-là. Je me souviens d’une fin d’après-midi où je l’informais que devant fermer la bibliothèque « je serai en retard pour son cours ». Il est sorti, a brusquement réouvert la porte et m’a dit en souriant :  « Mon cours ? ». Bien sûr, sans attendre de réponse mais attendant manifestement que j'aie fini de ranger les fiches, fermer les armoires etc.
 C’est vrai que cela s’appelait Séminaires mais, d’une part, il m’était difficile de ne pas y voir un enseignement autour de la pensée freudienne et d’autre part, la magie du transfert ( pédagogique ?) opérait. Il aurait pu être un Maître, d’autant plus que cela était bien à la mode à cette époque, mais il conduisait son enseignement d’une telle manière que l’on pouvait vite comprendre que l’allégeance à la pensée d’un Maître relevait plus du symptôme que d'un idéal. Il était évident que pour lui Freud était un génie, un génie mais pas une idole. D’ailleurs les textes de Freud étaient abordés comme un discours, discours d’un homme qui a eu des parents, des frères, des sœurs, des histoires de mariages, de naissance, un oncle du même âge, des ambitions et des amours ; d'un homme qui avait croisé la sexualité des anguilles, Fliess, la cocaïne et puis …. des fantasmes ! Bref, un Freud éclairé par sa propre invention.

bturqomb.gif (1016 octets) Le Manuel de psychiatrie transculturelle - travail clinique, travail social - est un ouvrage collectif sous les directions de M.R. Moro, Q. De La Noé, Y. Mouchenik, publié aux éditions La Pensée sauvage, bibliothèque de L'autre, 2004. Son intérêt est de réunir une multitude de thèmes qui ne sont pas nouveaux pour qui suit un peu les publications de ce champ mais qui sont d'habitude disséminés entre livres et revues spécialisés. Ce sont par exemples Les fondations, avec des points de vue historiques, linguistiques, anthropologiques etc., La clinique générale puis précisément celles du bébé, de l'enfant et de l'adolescent, avec des bases, les questions de l'interprète, du racisme, du religieux etc. Tous ceux qui questionnent le monde transculturel y trouveront la plupart des réponses possibles mais pas forcément avec facilité. Peut-être manque-t-il une sorte de fil rouge, une sorte de "liant"... Et puis, mais là je le dis avec un clin d'œil à l'adresse des auteurs, est-ce vraiment un manuel de psychiatrie ?

bturqomb.gif (1016 octets) L'éditeur Jean Michel Place devrait être remercié de publier La Forêt et les Dieux - Religions afro-cubaines et médecine sacrée à Cuba -, de Lydia Cabrera. Ce livre citée abondamment par Roger Bastide, Alfred Métraux, Pierre Verger, est une référence en la matière même si son auteur, familière de ces ethnologues, est plus connue pour son oeuvre littéraire. Si, comme on le fait souvent, le lecteur feuillète ce livre en commençant par la fin, il trouvera un fabuleux lexique botanique qui, à vrai dire, n'est que le support à un récit sur la vie des esprits de la forêt et des relations singulières que les Cubains entretiennent avec eux. Qui saurait mieux dire que Roger Bastide : « La Forêt et les Dieux (El Monte) est un livre extraordinaire où les fleurs séchées se transforment en danses de jeunes femmes ravies par les Dieux ; tout le parfum enchanteur des tropiques se dégage de ces feuilles collectées. »

bturqomb.gif (1016 octets)  On ne naît pas Noir, on le devient de Jean-Louis Sagot-Duvauroux est un livre intelligent et émouvant. Il ne s'agit pas d'un écrit théorique sur la culture, le métissage, les enfants issus de l'immigration, le racisme, l'interculturel etc., et pourtant, il s'agit de tout cela à la fois avec des idées, des images, des expériences vécues qui valent bien des traités spécialisés. Les raisons en sont relativement simples : il y a d'un coté le talent littéraire et de l'autre, l'implication directe de l'auteur, par ailleurs metteur en scène et dramaturge. "Je suis Blanc. Safiatou, mon épouse est Noire. Malienne. Si je dis de Djibril, notre fils, qu'il est Noir, mes interlocuteurs entendront sans se torturer démesurément la cervelle une phrase somme toute banale qu'ils n'auront aucune peine à décrypter. Mais si Safiatou s'avisait, elle qui est Noire, d'énoncer l'affirmation symétrique : "Mon enfant est Blanc", elle rencontrerait le plus souvent une épaisse incompréhension, puis un sourd désaveu voilé par la civilité : que cherche-t-elle en prétendant que son enfant est Blanc....".
Voilà l'un des multiples exemples  que Sagot-Duvauroux décrit et, comme on plume un oiseau, débarrasse de sa familiarité "impensée" pour en faire une nouvelle étrangeté. Ces fausses évidences mises bout à bout mettent à l'épreuve le contre-transfert du lecteur. L'un des résultats est de nous faire réaliser, et non seulement savoir ou comprendre, que ce sont moins nos différences objectives qui engendrent nos altérités qu'une insidieuse et inconsciente fabrication d'écrans de préjugés nés de nos fantasmes individuels et collectifs.
"Ce jour-là, l'institutrice ou tout autre adulte bien intentionné demande à Mamadou, avec douceur et intérêt : 'D'où tu viens, mon petit ?" L'enfant répond : "De la rue Jean-Jaurès, madame." Et tout de suite, à la déception qui se lit sur le visage de la maîtresse, il comprend qu'il n'a pas bon, que ce n'est pas ce qu'on lui demande, qu'il lui faut commencer à chercher la bonne réponse à cette question qui va revenir, revenir, revenir. Ce qu'a répondu sa voisine Noémie à une question analogue, quoique posée avec moins de ferveur, est d'office inutilisable. Noémie habite rue Gabriel-Péri, elle le dit tout simplement et on la croit sans l'embêter davantage."
On ne naît pas Noir, on le devient est publié chez Albin Michel, en 2004

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Les sites du moment


Peinture de Magali Coulibaly pour le site www.soninka.com bturqomb.gif (1016 octets) Les Cissé, Sylla, Soukhouna, Diawara, Touré, Fadiga sont quelques uns des noms de familles soninké. Le peuple Soninké est non seulement dispersé en Afrique (Mauritanie - Sénégal - Mali ) mais il l'est aussi par la migration vers l'Europe. Il constitue en France une partie majeure de l'immigration d'Afrique Noire, partie très active sur les plans économique, associatif, culturel, etc. On les distingue parfois à tort des Sarakolé et des Marka qui ne sont en réalité que les appellations que leur donnent respectivement les Wolof et les Mandenka. Ce site vise à promouvoir le peuple et la culture soninké. De l'histoire de l'Empire du Ghana aux actualités en direct (presque) en passant par l'organisation sociale et les représentations du monde, soninkara.com propose de nombreuses pistes de connaissance et de recherche.

bturqomb.gif (1016 octets)Dogma est une revue électronique créée en 2000 par Thierry Simonelli. De la philosophie à la psychanalyse, de la littérature à la sociologie, vous pourrez y consulter plus d'une centaine d'articles. Parmi tous ceux qui nous ont intéressés, et presque au hasard, citons du même Simonelli, Pensée mythique et processus primaires, titre d'une conférence donnée à l'EHESS en 2002. Nous avouons cependant avoir eu quelques difficultés de "circulation" dans le site qui est étroitement associé à http://www.psychanalyse.lu, site portail sur la psychanalyse au Luxembourg. Ainsi, l'article cité plus haut, existe bel et bien mais nous n'avons pas su retrouver son lien hypertexte en revenant à la page d'accueil.

bturqomb.gif (1016 octets) Cliquez sans hésiter sur cette image d'Alexios Tjoyas. Bien sûr il faut cependant aimer les contes, mythes, photos et bandes dessinées. De quoi s'agit-il ? Selon les mots de l'auteur :  « Le rêve GriGri est une web-expérience narrative et graphique, "évolutive", construite, au jour le jour, autour des thèses psychanalytiques de Freud sur les origines de l'Homme, telles qu'elles apparaissent dans " Totem et Tabou ", et de celles de son disciple Géza Roheim, père de l'ethnopsychanalyse. Les sujets évoqués dans les contes GriGri, se ramifient autour de la Préhistoire et de la Psychanalyse, des origines de l'Homme à la horde paternelle, origines de l'Art et Art pariétal etc...».

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Un évènement ... ou deux ...

Après Couleur-Harar (2000), Hébergements (2002), Agadir (2004) aux éditions de L'atelier de l’agneau, nous signalons la publication aux éditions confluences de Mourir aux fleuves barbares, sous titré Arthur Rimbaud, une non-biographie de Jean Esponde. Cet écrit n'est pas une nouvelle critique littéraire ou une nouvelle analyse de l'œuvre de cet étrange poète dont la grandeur de l'aura nous fait oublier qu'il aurait eu seulement 150 ans en octobre 2004. D'une certaine manière, Jean Esponde nous entraîne dans une enquête ou un reportage littéraire sur le voyage-destin africain de Rimbaud. Poète lui-même, Esponde y a mis la ferveur et l'enthousiasme que nous l'avions vu mettre dans ses cours de philosophie alors qu'il commençait à peine sa carrière professorale au lycée de Blaye. Les chemins du destin ou plutôt le chemin des destins est parfois étonnant ; adolescent, je ne peux parler que pour moi mais nous étions plusieurs, je pouvais un jour entendre son enseignement avec la plus grande attention et le délaisser le jour suivant pour fuir à la plage avec des copains et ... des copines. Cela était presque banal pour l'époque encore parcourue par les effluves de mai 68. Ce qui fut moins banal est qu'un matin le professeur Esponde nous témoigna de sa déception, et peut-être de sa colère, devant notre dernière absence alors qu'il avait (mais ce n'est que ma mémoire..) travaillé une partie de la nuit pour un cours sur Zarathoustra. Quelques temps après le baccalauréat, refusant les balises les plus convenues, mon ami Gilles Thomas et moi-même rompions orgueilleusement ce que nous pensions la monotonie du quotidien pour rêver à des terres plus lointaines. C'est en Mauritanie, de nuit, que revenait parfois le professeur Esponde. Qui n'a pas connu le désert aura du mal à comprendre cette effervescence qui peut quelquefois saisir l'esprit à la fois transpercé par l'éclat des étoiles et distendu par un horizon circulaire : "tu te souviens... Esponde avait dit que Platon.., que Kant.., que Lévi-Strauss.., que Camus...". Et même Nietzsche mal entendu à cause du soleil du printanier. Plus tard encore, quand je suis revenu aux études, j'ai quelquefois regretté de n'avoir pas pu lui témoigner, non pas une quelconque reconnaissance pour son enseignement, mais une forme d'affection pour l'exemplarité vécue de sa passion à penser.


L'Association Internationale de Recherche Interculturelle (ARIC) organise, en collaboration avec l'Université d'Alger, le Xème Congrès International d'Interculturalité, à Alger, du 02 au 06 Mai 2005, sous la thématique PARTAGE DE CULTURES ET PARTAGE DE SAVOIRS.
Pour toute proposition de symposium ou de communication, un document est à télécharger sur le site:
 http://sites.univ-lyon2.fr/aric-alger-2005  et à envoyer dûment rempli au secrétariat du congrès avant le 31 décembre 2004 à l'adresse : Christine.Loyrion@etu.univ-lyon2.fr

...Vous avez une idée pour les prochaines Actualités ?.... écrivez-moi.

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© Association Géza Róheim - Fermi Patrick - 17 septembre 1998